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Vendredi 15 mai 2009
- Par BMC
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Il s'avère que de nombreuses photos figurant sur ce blog sont protégées par des droits d'auteur. Je dois, donc à mon grand désespoir retirer la presque totalité de mes images. Croyez bien que j'en suis désolé, je devrai à compter de maintenant ne plus vous parler que d'artistes anciens ou, et je m'en excuse par avance, de ma peinture. Comme vous n'êtes pas sans le savoir, ce blog est avant toute chose destiné à faire connaître l'art moderne et contemporain à un grand nombre de personnes qui n'ont pas toujours l'opportunité ou les moyens de se rendre dans les musées. Je  n'en veux pas à ceux dont c'est le métier de faire respecter la loi. C'est à mon sens la loi qui est mal faite. Pourquoi la culture est-elle réservée aux riches? Comment faire pour vous parler d'un tableau de Picasso si vous n'en voyez pas la reproduction? Devrais-je ponctionner ma maigre retraite pour donner quelques € aux héritiers Picasso qui n'en seront pas plus riches pour autant?
À compter de maintenant les articles existants resteront, le plus souvent sans image. À vous d'aller les chercher sur Internet. Désolé!

PS Les articles manquants seront rajoutés par la suite, expurgés des objets du crime.

Je vous demande par avance de bien vouloir m'excuser si, durant quelque temps, je ne réponds pas systématiquement aux commentaires étant très pris par la remise en état de mon blog.

MERCI.



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Dimanche 10 mai 2009
- Par BMC
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Georges Braque


“On s'est dit avec Picasso pendant ces années-là des choses que personne ne dira plus, des choses que personne ne saurait plus se dire, que personne ne pourrait plus comprendre.”
                                                                         G. Braque




1882 -13 mai naissance à Argenteuil sur Seine –
Dans la famille Braque, on est peintre en bâtiments de père en fils.

1893 la famille s’installe au Havre.

En 1899, Georges entre comme apprenti chez son père Charles

1900 -  Braque s’installe à Paris, il continue son apprentissage chez un décorateur du nom de Laberthe. Il rencontre Othon Friesz et Raoul Dufy. Il commence à peindre, suit des cours à l’atelier municipal des Batignolles.

1902- De retour de son service militaire, il décide de se consacrer totalement à la peinture. Il s’installe rue Lepic et s’inscrit à l’Académie Humbert où il rencontre Picabia et Marie Laurencin.

1904 - Braque se cherche encore il  peint des tableaux néo- impressionnistes. Un an plus tard il découvre au salon des indépendants ”La cage aux fauves” : Derain, Matisse et les autres.

1906 - Braque expose 7 tableaux au Salon des Indépendants. Les tableaux en question seront tous détruits par la suite par son auteur.

1906 toujours, voyage avec Othon Friesz à Anvers, peinture fauve.

1907 - Au Salon des Indépendants Braques expose les peintures qu’il a faites à l’Estaque, près de Marseille. Sans doute une sorte d’hommage à Cézanne dont on se souvient que ce lieu lui était très cher. Toutes ces peintures seront vendues.

 C’est en 1907 que Braque rencontre Picasso, rencontre qui va être décisive pour l’art moderne. Vous vous souvenez de ce que dit Braque la première fois qu’il voit “Les Demoiselles d’Avignon” :  “C’est comme si tu voulais nous donner à boire du pétrole pour cracher du feu”.

1907 - Cézanne est enfin reconnu, même si sa peinture fait encore scandale, une exposition lui est consacrée à Paris chez Bernheim-Jeune.
C’est vers 1907-1908 que vont naître les premières peintures cubistes, le terme cubiste n’existe pas encore. Les couleurs sont réduites au minimum, l’artiste peint presque en camaïeu, du brun au gris. La leçon de Cézanne appliquée à la lettre.
L’artiste s’ingénie à “décomposer” l’objet pour le représenter à la fois sous tous ses angles à la façon d’un kaléidoscope. On va voir un nez de profil dans un visage vu de face, un nez est plus vrai ainsi, un visage aussi.
Compte tenu de leur travail les « cubistes » vont de plus en plus s’intéresser à la nature morte, les objets se prêtant beaucoup mieux que les paysages à leurs recherches.
Braque présente ses tableaux au Salon d’Automne, ils sont tous refusés, sauf un qu’il retire immédiatement en guise de protestation.

En  1908 - C’est là que va intervenir le célèbre marchand Daniel-Henry Kahnweiler. Il organise une exposition Braque. Guillaume Apollinaire rédige la préface du catalogue, c’est à cette occasion que Louis Vauxelles parle d’un  amoncellement de petits cubes. Celui qui, par dérision, avait donné son nom au fauvisme va ainsi baptiser cette nouvelle école. À partir de maintenant tout le monde ne  parlera plus que de cubisme.

1909 C’est le début de l’amitié entre Braque et Picasso.
Braque, qui connaît par cœur les astuces du trompe l’œil (enseignée par son père), va apprendre à Picasso les techniques de faux marbres. Ensemble ils vont échafauder la théorie du cubisme. Gris a eu une grande importance dans cette école, mais, je ne sais pour quelle raison, Braque refusait d’exposer ses tableaux à côté de ceux de Gris … Quant à Picasso, il voyait en lui un concurrent qui risquait fort de lui faire de l’ombre et ça, Picasso ne supportait pas. Plus tard Picasso parlant de Braque dira : “Braque, c’est ma femme”. Dans la bouche de l’illustre matcho, on comprend très bien ce que cela veut dire.

En 1911 Braque retrouve Picasso à Céret, ils travaillent ensemble, leurs peintures sont très proches. Il est assez difficile pour un néophyte d’en reconnaître l’auteur. La plupart du temps, les œuvres sont signées au dos, ce qui ne facilite pas l’authentification.

C’est en 1911 qu’apparaissent les premiers objets directement collés sur la toile, il peint des lettres, des chiffres au pochoir. En cela il sera imité par Picasso.

En 1912 Braque et Picasso se rendent ensemble au Havre. On se souvient des peintures réalisées par Picasso lors de ce voyage.

Braque après avoir utilisé le peigne à peindre utilisé par les décorateurs, va maintenant coller directement sur la toile des papiers peints, des journaux. À cette même époque Braque, qui cherche toujours à innover et créer de nouvelles matières, mélange à sa peinture, cendre de cigarettes, sciure de bois et un peu tout ce qui lui tombe sous la main.
1914 - Braque et son ami Derain sont mobilisés. Braque est très vite remarqué pour son courage et sa bravoure, cela lui vaudra d’être nommé lieutenant. En 1915, il est grièvement blessé à la tête, cela lui vaudra d’être trépané. Il ne pourra pas repeindre avant  1917.
 
1915 - C’est maintenant Léonce Rosenberg qui devient le marchand de Braque.

Braque ne voit plus beaucoup Picasso, ils vont à compter de maintenant cheminer chacun de leur côté en s’intéressant toujours au travail de l’autre.

1921 – Kahnweiler, de nationalité allemande, se voit  saisir sa collection qui sera vendue aux enchères. De nombreux tableaux de Braque feront partie de cette triste vente.

1922 – Le Salon d’Automne rend hommage à Braque. La même année Braque s’installe à Montparnasse, c’est une période très productive.

1925 – Braque se fait construire une maison, près du parc Montsouris, c’est avec le célèbre architecte Benjamin Perret qu’il en fait les plans.

Braque, qui n’a jamais eu de grosses difficultés sur le plan matériel, gagne maintenant très bien sa vie. Comme il est resté fidèle à sa Normandie natale, il va aménager une maison à Varengeville, où plus tard il réalisera les vitraux de l’église.

Durant l’occupation allemande Braque continue à peindre, ses sujets sont influencés par  les restrictions du moment. Un morceau de pain, des poissons, c’est malgré tout une période de grande production.

De 1936 à 1945, les expositions Braque se succèdent dans le monde entier. Paris, Bruxelles, Washington, Chicago, Amsterdam etc.

En 1944 il obtient le grand prix de peinture de la Biennale de Venise.

 En 1945 Braque atteint d’une grave maladie s’arrête de peindre durant plusieurs mois.

En 1947 ce sera un tournant très important pour Braque, Aimé Maeght devient son marchand, c’est le début d’une très longue amitié qui durera jusqu'à sa mort.

De 1949 à 1956 – Ce sera une période très féconde où Braque va peindre “Les Ateliers”, à mon avis une des meilleures périodes. C’est l’aboutissement du travail de toute une vie.

1953 – Georges Salles, directeur des Musées de France demande à Braque de décorer le plafond de la salle Henri II du Musée du Louvre. C’est la première fois qu’un peintre entre de son vivant au Louvre.

1961 - Importante exposition dans la galerie Mollien au Musée du Louvre.
Braque est de plus en plus malade ; avec l’aide de son ami Heger de Lœwenfeld il va créer des bijoux le plus souvent inspirés de ses gravures. La première bague réalisée sera offerte à Madame Braque pour son anniversaire en 1962.

Braque est pour moi le représentant de la peinture française. Il est l’héritier de Chardin, de Poussin, de Le Nain. Il y a dans son œuvre un côté philosophique, je dirai presque zen. Braque était un ouvrier qui, à la façon d’un compagnon, a passé sa vie à construire son chef-d’œuvre.  C’est l’antithèse de Picasso ; chez Braque tout est équilibre, harmonie, raison, sa peinture ne dérange pas, elle apaise. Chez Braque c’est la révolution tranquille. Mais il s’agit bien d’une révolution.  Derrière des apparences de grand sage Braque était bien un homme révolté, même si ça ne se voyait pas toujours dans son attitude.
Chez Picasso, sa peinture agresse, la violence est partout, au niveau des couleurs, des formes, des sujets. Picasso peint dix tableaux par jour, Braque met huit ans à terminer le billard.
Rien d’étonnant à ce que ces deux artistes aient travaillé ensemble, étant donné leur complémentarité.

Le 31 août 1963 Georges Braque tire son ultime révérence.

Ce n’est pas souvent le cas, pour une fois un peintre a droit à des funérailles nationales. André Malraux prononcera l’éloge funèbre reproduit plus bas.

Il est difficile de ne pas penser à ce que sera quelques années plus tard l’enterrement à la sauvette de Pablo Picasso.


A la mémoire de Georges Braque


Hommage du Gouvernement par Monsieur André Malraux, ministre d'Etat, chargé des affaires culturelles

Colonnade du Louvre, le 3 septembre 1963


Avant que Georges Braque ne repose dans le petit cimetière normand qu'il a choisi, j'apporte ici l'hommage solennel de la France.

Vous avez reconnu, Madame, la musique que vous venez d'entendre, avant ces cloches qui sonnaient jadis pour les rois : c'est la Marche Funèbre pour la Mort d'un héros. Jamais un pays moderne n'a rendu à un de ses peintres morts un hommage de cette nature. L'histoire de la peinture qui trouve dans l'oeuvre de Braque un accomplissement magistral a été une longue histoire de dédains, de misère et de désespoir. Et jusque par sa mort, Braque semble assurer la revanche des pauvres obsèques de Modigliani, du sinistre enterrement de Van Gogh ?... Et puisque tous les Français savent qu'il y a une part de l'honneur de la France qui s'appelle Victor Hugo, il est bon de leur dire qu'il y a une part de l'honneur de la France qui s'appelle Braque - parce que l'honneur d'un pays est fait aussi de ce qu'il donne au monde.

Ses tableaux se trouvaient dans tous les grands musées, et plus de cent mille Japonais, à Tokyo, s'étaient rendus à son exposition comme à un pèlerinage. Dans son atelier, qui n'avait connu d'autre passion que la peinture, la gloire était entrée mais s'était assise à l'écart, sans déranger une couleur, une ligne, ni même un meuble. Silencieuse et immobile comme les oiseaux blancs qui depuis sa vieillesse avaient apparu sur ses toiles. Il était devenu l'un des plus grands peintres du siècle.

Mais notre admiration ne tient pas seulement à ce génie pacifié que connaissent tant de maîtres à l'approche de la nuit. Elle tient aussi au lien de ce génie avec la révolution picturale la plus importante du siècle, au rôle décisif joué par Braque dans la destruction de l'imitation des objets et des spectacles. Et sans doute le caractère le plus pénétrant de son art est-il de joindre, à une liberté éclatante et proclamée, une domination des moyens de cette liberté, sans égale dans la peinture contemporaine.

De plus, en nous révélant, avec une puissance contagieuse, la liberté de la peinture, Braque et ses amis de 1910 nous révélaient aussi tout l'art du passé rebelle à l'illusion depuis notre peinture romane jusqu'au fond des siècles : patiemment ou rageusement penchés sur leurs tableaux insultés. Ces peintres ressuscitaient pour nous tout le passé du monde...

Enfin, ces tableaux exprimaient la France à l'égal de ceux de Corot - mais plus mystérieusement, car Corot, lui, l'avait beaucoup représentée. Braque l'exprimait avec une force de symbole si grande qu'il est aussi légitime chez lui au Louvre, que l'ange de Reims dans sa cathédrale. Samedi, nous avons retrouvé une tristesse très lointaine mais bien connue; celle qui nous avait saisis naguère quand nous avions entendu : "Debussy est mort".

Demain matin, Madame, que l'on dise aux marins et aux cultivateurs de Varangeville, qui aimaient Georges Braque, évidemment sans comprendre son art : "Hier, quand il était devant le palais des rois et le premier musée du monde, il y avait dans la nuit pluvieuse une voix indistincte qui disait merci ; et une main très simple, une main usée de paysanne, qui était la main de la France, et qui se levait une dernière fois dans la nuit pour caresser doucement ses cheveux blancs".






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Mardi 21 avril 2009
- Par BMC
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Wassily Kandinsky

“La couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux, et l’âme est le piano avec les cordes”.
                                                                            Wassily Kandinsky

Wassily Kandinsky est un peintre français (naturalisé) d’origine russe, né à Moscou le 4 décembre 1866 et décédé à Neuilly le 13 décembre 1944.

Issue d’une famille bourgeoise, Kandinsky fait d’abord ses études de droit et d’économie. Ce n’est que relativement tard qu’il décide de se consacrer à la peinture, il a à ce moment-là une trentaine d’années.
Bien entendu cela fait déjà longtemps qu’il s’intéresse à l’art en général ; la peinture, mais surtout la musique qui tiendra une très grande place dans sa vie. Plus tard il deviendra l’ami de Schoenberg (qui, on ne le sait pas toujours était aussi un excellent peintre)  et également de Klee qui,  est passionné de musique.

Ses débuts en peinture, sont, bien entendu, figuratifs, influencés par le néo-impressionnisme. Ce genre de travail ne plait pas beaucoup à Moscou. Aussi il va très vite comprendre que son avenir n’est pas là. Il ira d’abord à Munich, puis retour à Moscou.

En 1921 il revient en Allemagne, il va enseigner au Bauhaus, c’est là qu’il va rencontrer Klee et se lier d’amitié avec lui. Kandinsky donne des cours de peinture murale, ainsi en avait décidé Walter Gropius.

En 1933 le Bauhaus est fermé par les nazis, Kandinsky fait partie des “peintres dégénérés”, il doit quitter l’Allemagne et s’installe en France.

Je vous l’ai dit, Kandinsky est passionné de musique, pour lui chaque couleur correspond à un son. Très vite il devient un théoricien de l’art. Très influencé par le traité des couleurs de Gœthe (ouvrage que tout peintre digne de ce nom devrait avoir lu). Il va écrire plusieurs livres et en particulier le célèbre : “Du spirituel dans l’art”.

En 1910 Kandinsky va peindre le premier tableau abstrait (bien des personnes pensent que c’est Mondrian qui a été le premier peintre non-figuratif, ce en quoi ils ont tort).

L’art non-figuratif a toujours existé, en particulier chez les musulmans pour qui représenter une image humaine est commettre un péché car l’homme est fait à l’image de Dieu. Dans ce cas l’art devient décoration et n’a rien à voir avec ce que l’on appelait à l’époque la peinture de chevalet. Il existe aussi des mandalas abstraits, mais chez les bouddhistes ce n’est qu’une représentation symbolique du monde destinée à la méditation.


Donc, je persiste et signe, Kandinsky est bien le premier peintre à avoir créé un TABLEAU totalement issu de son imagination et n’ayant aucun rapport avec ce que nous appelons la réalité.

Ce petit tableau, une aquarelle, peint en 1910,  sera exposé au Salon des Indépendants en 1912, et comme vous vous en doutez, il fera couler beaucoup d’encre.

À compter de ce jour, les peintres ne sont plus tenus de se référer à la réalité. On franchit ici un cap qui nous permet de passer du monde de la représentation au monde de la création, du matériel au spirituel.

Passionné comme il l’était par la musique, Kandinsky a eu vite fait de faire le rapprochement. La musique est un art totalement abstrait, le musicien ne cherche pas à reproduire les bruits de notre environnement (heureusement), pourquoi le peintre reproduirait-il exactement ce qu’il voit alors même que le musicien ne reproduit pas ce qu’il entend ?

Encore une fois le langage utilisé par Kandinsky est celui de la musique, il suffit de regarder les titres de ses tableaux : composition, improvisation, à la voix etc.

Comme la musique, les couleurs ont un effet psychologique sur l’esprit de l’homme, c’est en fonction de cela qu’elles doivent être utilisées.

Dans la peinture de Kandinsky, on aborde un monde interstellaire, cosmogonique, les formes et les couleurs semblent flotter dans un espace intersidéral. Si j’osais, je parlerais de musique des sphères.

Il est intéressant à constater que Kandinsky ne suit pas la mode du moment, il  n’est ni cubiste, ni fauve, il ne se rattache à aucune autre école. Il suit sa voie sereinement sans se soucier de ce qu’en pensent ses contemporains. Klee agira de la même façon, et c’est en cela qu’ils seront de grands créateurs et non de quelconques suiveurs.

Dans les années 1900 Kandinsky peindra un tableau (figuratif) célèbre intitulé ”le cavalier bleu”, tableau qui donnera son nom  au mouvement “Der blaue reiter” auquel participera en particulier Franz Marc. Ce mouvement n’aura qu’une durée très éphémère (de 1911 à 1914), et ne laissera pas un souvenir inoubliable dans le domaine de la peinture.

Mariage en 1917 avec Nina Andreievskaïa.

À l’époque de Kandinsky, la peinture géométrique n’avait pas comme on pourrait le dire de nos jours “la cote” ; aussi il aura beaucoup de mal à faire accepter son œuvre, qui, d’ailleurs, n’est pas facile d’accès. Il faudra voir et revoir  à plusieurs reprises son travail pour se familiariser avec lui.

À la mort de Kandinsky, Nina Kandinsky va se battre pour faire reconnaître son œuvre, elle lègue l’ensemble de sa collection au Musée National d’Art moderne qui par la suite sera transféré à Beaubourg.

Il y a actuellement trois lieux qui possèdent les principales œuvres de Kandinsky : Munich (donation Gabrièle Münter, qui fut l’amie de Kandinsky), la Fondation Guggenheim et, bien entendu, le centre Beaubourg.

J’ai eu la chance de voir une très importante exposition Kandinsky au Musée d’Art Moderne de Paris à une époque ou l’art moderne n’intéressait pas grand monde, il n’y avait pratiquement personne et l’on avait tout le loisir de voir les œuvres sans être dérangé et sans déranger personne. Aujourd’hui encore les images sont toujours présentes dans mon esprit.

De nos jours, il faut prendre la file d’attente pour voir ce genre d’expo, mais qui pourrait s’en plaindre. Dans la période de crise actuelle, se tourner vers l’art nous apporte une sorte de libération bien apaisante pour nos esprits perturbés.


Exposition Kandinsky Centre Pompidou Paris jusqu’au 10 août 2009.






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Mercredi 8 avril 2009
- Par BMC
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Fra Filippo Lippi




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Madone au rocher


 "Si un artiste a véritablement du talent et quelque vice, même laid
et que la morale réprouve, son talent cachera ce dernier...".

                                                                           Cosme l'Ancien


Dès l’âge de 15 ans, il prononce ses vœux au couvent des Carmes de Florence. C’est à ce moment qu’il va s’initier à la peinture. Fréquentant plus souvent les bordels que l’église, il va être rapidement privé de ses avantages en tant qu’ecclésiastique.


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Scène de la vie de la vierge (détail)

Sa vie est tellement scandaleuse qu’en 1452 il connaîtra la prison et sera soumis à la torture par l’estrapade, pour avoir encaissé des sous pour une restauration qu’il n’aurait jamais faite.
L’estrapade est un charmant supplice qui consiste à suspendre le supplicié par les bras, le hisser au plafond et après un certain temps le relâcher brutalement. Éventuellement pour corser la chose on peut, si on le désire, suspendre des poids à ses pieds.


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Vierge à l'enfant  135 cm.

Passons sur les détails, en 1456 il est nommé chapelain du couvent de carmélites Sainte Marguerite.
Mettre Filippo dans un couvent, c’était introduire le ver dans le fruit. Il va tomber follement amoureux d’une jeune nonne, Lucrezia Buti, elle a 20 ans et lui 52. Sans perdre de temps, il la met enceinte et l’enlève. L’enfant qui va naître s’appellera Filippino. À remarquer le diminutif de son propre prénom (comme plus tard Picasso appellera son petit-fils Pablito. De quoi donner des complexes…).  Cela n’empêchera pas Filippino de devenir peintre et même un très bon peintre.


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L'annonciation


La justice florentine mise sur le coup, met en marche la procédure qui devrait selon toute vraisemblance aboutir à une peine de mort pour les deux amants.


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Portrait de jeune femme


Pour son bonheur Filippo a comme mécène Cosme de Médicis ; celui-ci va se rendre au Vatican et plaider auprès du pape Pie II afin d’obtenir la grâce de Filippo mais aussi celle de Lucrezia. Autant dire : mission impossible, un peu comme si, de nos jours, on demandait à Benoît XVI de bénir un préservatif. Cosme de Médicis était sans doute un bon avocat, il obtint que le pape relève de leurs vœux Filippo Lippi et Lucrezia.


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Filippo Lippi par lui-même


Bien entendu il fallait régulariser la situation, le mariage a suivi. De ce mariage naîtra une petite fille Alessandra.
La plupart des images de la Vierge peinte par Filippo ne seront, en fait, que le portrait de Lucrezia.


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Vierge à l'enfant


Filippo Lippi fut non seulement un grand peintre mais aussi un excellent maître. Sandro Botticelli fut son plus célèbre élève, d’ailleurs si vous regardez les drapés peints par Botticelli (par exemple dans “La naissance de Vénus) vous retrouverez la même façon de les interpréter.


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Vierge à l'enfant (Détail)

Il rencontra Fra Angelico, j’imagine cette rencontre avec le saint homme (Fra Angelico a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1984) et le dépravé qu’était toujours Filippo Lippi. Comment un être aussi débauché  peut-il créer des œuvres tellement sublimes du point de vue spirituel, bien entendu on pense à Carlo Gesualdo dans le domaine de la musique, bien que Filippo ne lui soit pas comparable, lui n’a apparemment commis aucun crime, il a simplement mené une vie de “moine-patachon”.


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Vierge à l'enfant avec des anges et des saints

Dans le cerveau humain, il y a parfois d’étranges cohabitations, on peut aimer les animaux et la corrida, chez Filippo le mysticisme côtoyait la dépravation, curieux mélange. Mais lorsqu’un homme est génial, on peut lui pardonner beaucoup de choses.


Filippino Lippi




Filippino Lippi par lui-même

Comme je vous l’ai dit plus haut Filippino est né de l’union d’un carme et d’une carmélite. Sans doute beaucoup plus sage que son père, il ne fera guère parler de lui autrement que par son talent.
Très jeune il entre comme apprenti dans l’atelier de Botticelli, qui lui-même avait été l’élève de son père.


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(Détail)

Rapidement il va se faire connaître et lorsque Masaccio décède, c’est lui qui terminera la décoration de l’église Santa Maria del Carmine de Florence.
Durant sa vie, il eut de très nombreuses commandes. En 1487 Filippi Strozzi charge Filippino de la décoration de sa chapelle funéraire qui se trouve à l’intérieur de l’église Santa Maria Novella.
Filippino quitte ce monde en 1504 laissant inachevée une déposition de croix, qui plus tard sera terminée par Le Pérugin.




La vision de Saint Bernard



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Allégorie de la musique



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Saint Roch, saint Sebastien, saint Jérome, sainte Hélène.


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L'adoration des mages




Lien

Fra Angélico





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Lundi 30 mars 2009
- Par BMC
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Georg Baselitz



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“L’œuvre d’art doit être une provocation”

                      Louis Calaferte



De son véritable nom Hans Georg Kern. Né le 23 janvier 1938 à Deutschbaselitz, ce qui lui vaudra de prendre le nom de Baselitz.



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Elke VI, 1976 - Étude à l'acrylique sur toile. L'original, peint à l'huile sur une toile de 200 x 160 cm, appartient au Musée d'art moderne de Saint-Étienne.


Les critiques et amateurs qui éprouvent toujours le besoin de tout classer, numéroter, peser, que sais-je encore, ont tenu absolument à faire entrer Baselitz dans une catégorie. Comme si cela avait une quelconque importance. On l’a qualifié d’expressionniste, de néo-expressionniste, on l’a comparé à Soutine , aux expressionnistes abstraits américains.
 

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“Weisse Trümmerfrau" (Femme et décombre blanc) huile sur toile

Mais tout ça n’a vraiment pas beaucoup d’importance. Baselitz n’a besoin de personne pour être lui-même, c’est un sauvage. C’est bien le propre d’un grand peintre de ne pas prendre la roue des autres, ou de se rattacher à une quelconque école.


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Meine Eltern (Mes parents)  2005 – huile sur toile - 300 x 250 cm


La valeur d’un créateur est d’être le premier. Les autres ne sont jamais que des suiveurs, d’où la difficulté à classer les véritables créateurs. C’est le cas des plus grands. Je pense à Picasso, à Bacon et à tant d’autres.

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Ein Bote – (Un messager) huile sur toile 1984 205,2 x 172,2 cm.

C’est en 1953 qu’il fait scandale en exposant une peinture représentant un jeune garçon se masturbant. Mais ce n’est que vers 1954 qu’il va commencer ses peintures inversées.


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Baselitz ne sera jamais tenté par la peinture non-figurative. Une peinture abstraite inversée n’aurait, c’est le cas de le dire, aucun sens. Il n’obéit pas non plus aux modes du moment, ne dévie jamais de son chemin. Retiré avec sa famille dans son immense château, un ancien monastère, et dans le très grand atelier qu’il a fait construire à côté, il mène une vie relativement contemplative, loin du monde et du bruit.


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Where is the Yellow Milk Jug, ( La cruche de lait jaune) Mrs Bird?  1989 – huile sur toile - 250 x 250 cm.

Difficile d’imaginer que, dans sa jeunesse, il lisait les livres de Jacob Böhme (pour ceux qui ne connaîtraient pas cet étrange personnage, je précise, c’est un célèbre philosophe, alchimiste et cordonnier de son état, plus connu sous le nom “du cordonnier philosophe”).


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 Sculpture

Les peintres sont parfois plus surprenants qu’on ne le pense généralement. Beaucoup ont eu une démarche mystique (je n’ai pas écrit religieuse), bien sûr on pense à Klee ou à Kandinsky, mais il y en a eu bien d’autres. Cela est normal étant donné que le monde de la peinture relève du mystère, et probablement d’une autre dimension. C’est là que finit le monde matériel et commence l’art, qui n’est jamais qu’un lien entre le connu et l’inconnu.


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Dinner in Dresden - (Dîner à Dresde) 1983, huile sur toile 280 x 450 cm.

Mais revenons à notre ami qui a décidément pris l’habitude de marcher au plafond. Après tout, ce n’est qu’une question de convention, on a  coutume de voir les choses sous un certain angle, vu d’une autre façon, le monde reste le même ; ce n’est pas nous qui par notre attitude allons changer l’ordre des choses. Souvenez-vous de ce qu’écrivait Gustav Meyrink : “Ce n’est pas ce que l’on regarde qui compte, mais le lieu en soi d’où l’on regarde”.
 

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  Sculpture - Royal Academy of Arts, London.


En retournant ses personnages (pas toujours) Baselitz nous oblige à attacher plus d’importance à la peinture elle-même, plutôt qu’au sujet.


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Mittags  - (A midi) 2004  - eau-forte- aquateinte et sucre 84.7 x 65.7cms

Georg Baselitz a réalisé de nombreuses gravures, généralement tirées à très peu d’exemplaires (souvent moins de dix). Il a aussi réalisé de très grandes aquarelles.


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Der Baum – (L’arbre) -1966, - huile et crayon sur toile - 162 x 130 cm

La notoriété de Baselitz va croissant. Il fait de plus en plus scandale, sa cote augmente de jour en jour. C’est aujourd’hui un des peintres les plus chers (ce qui n’est pas forcément une référence, Jeff Koons  aussi  est très cher).


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Zwischen Arm und Rumpf – (entre le bras et le tronc),1977
Remercions cet artiste qui nous oblige à nous remettre  perpétuellement en question, car là est bien le propre de la peinture et de l’art en général. Au-delà des banalités quotidiennes, si importantes pour la majorité d’entre nous, seul compte la remise en question permanente de notre condition d’homme, c’est seulement  à ce prix que nous dépasserons notre état de singe savant. 


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Lenin on the tribune 1999 – huile sur toile
 

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Schlafzimmer – (Chambre à coucher)– huile sur toile - 1975


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Orangenesser – huile sur toile – 1982


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Armenischer Teppich – (Tapis Arménien) - 1999.- huile sur toile 162 x 130 cm.


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Clown


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Karla  - Sculpture 1990 – 157 x 67,5 x 44 cm.


Peut-être Baselitz peint-il pour les mouches collées au plafond qui maintenant ont le droit de regarder la peinture “comme tout le monde”.


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Lundi 16 mars 2009
- Par BMC
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`C’est pas moi qui le dit, c’est lui. “Samo shit”, c’est ainsi qu’il signait ses premières œuvres graffitistes.




De la série “Les Hommaginaires” Jean-Michel Basquiat par BMC

Ce qui m’intéresse chez Basquiat, c’est le côté magique de son travail.

Sa mère Matilde était Portoricaine, son père Gérard d’origine Haïtienne, rien d’étonnant à ce qu’il y ait dans son œuvre un côté vaudou. Plus tard l’héroïne fera de lui une sorte de zombi. C’est d’ailleurs, très probablement, lorsqu’il était drogué qu’il peignait le mieux, ce qui explique qu’il y ait souvent des peintures plus ou moins “habitées”.

Dans ce qui  a été homologué comme étant l’ensemble de son œuvre, il y a une assez grande proportion de faux. Ce n’est un secret pour personne ; il semblerait que des marchands, galeristes, si vous préférez puisque le terme est à la mode, n’ont eu aucun scrupule à authentifier des faux et parfois même d’assez grossiers. Si vous voulez en acheter un (et si vous avez les sous), gaffe !

Le petit Jean-Michel a eu la chance que, dès son plus jeune âge, sa mère le traîne souvent au MOMA (Pour ceux qui ne le sauraient pas : Le Museum of Modern Art de New York).

Alors âgé de sept ans, Jean-Michel va être hospitalisé suite à un accident de la route.  Sa mère lui offre un livre : Gray's Anatomy (L'anatomie du gris), plus tard le groupe musical auquel il appartiendra s’appellera : Gray. Ce livre va influencer ses goûts, il s’en inspirera surtout dans ses premières œuvres.

Dès l’âge de 17 ans, Jean-Michel va, en compagnie de son ami Al Diaz, taguer les murs de Manhattan,  les rames de métro, les palissades. Le monde des tags est très fermé, il faut y avoir ses entrées, gare à celui qui signe ses œuvres sans que cela soit accepté.

La signature de Basquiat  (Samo surmonté d’une couronne accompagné du sigle du copyright) est très vite remarquée. À sa signature, on reconnaît ses ambitions, son nom surmonté d’une couronne, il veut être le roi, le tout accompagné du copyright, il veut être le seul. Rien d’étonnant qu’il soit par la suite devenu ami avec Andy Warhol, tous les deux avaient la volonté de “faire célèbre”. Basquiat et Warhol réaliseront ensemble plusieurs peintures.

Des graffitistes New Yorkais, se détachent nettement deux noms Keith Haring et, bien entendu, Jean-Michel Basquiat .

Basquiat veut se faire remarquer, il va taguer les murs, les palissades aux alentours des galeries. Les débuts sont difficiles, JMB vend des T-shirts et des cartes postales. On pourrait dire de lui qu’il est né dans la rue, c’est là qu’il va se faire connaître, une sorte de Piaf de la peinture.

Maintenant il donne des interviews à la télévision, il participe au Times Square Show, la revue Artforum lui consacre un article. Ça y est sa carrière démarre sur les chapeaux de roues. Les graffitistes sont maintenant à la mode. En 1985 le Time lui consacre sa une.

Basquiat fréquente des artistes comme Madonna qui n’est pas encore très connue, les peintres, bien entendu Andy Warhol, Keith Haring, mais aussi Julian Schnabel qui plus tard réalisera un film sur Basquiat, Enzo Cucchi et Clémente.

Dans son œuvre il y a un côté primitif ; dans ses gènes, l’Afrique est toujours là. Comme je le dis au début de ce billet, la magie est sous-jacente  partout dans son travail, voir la similitude avec les masques africains. La provocation y est omniprésente.

Comme la peinture ne se suffit pas à elle-même, il ajoute de nombreux textes. La mort tient une place importante dans son travail, squelettes, têtes de mort etc..

Comme s’il savait qu’elle n’est jamais très loin. Le symbole y a aussi sa place. Au risque de choquer certains, je dirais qu’il y a une dimension mystique dans ses toiles.

Je l’ai déjà dit dans un autre article, la peinture de Basquiat rend généralement mieux en reproduction qu’en réalité ; le côté volontairement “bâclé”, pas fini, est pour moi gênant, même si je sais que cela est volontaire. Les traverses sur lesquelles sont fixées les toiles sont visibles, tout ça ne se voit pas très bien sur des reproductions, et finalement n’apporte pas grand’chose.

Jean-Michel Basquiat avait décidé de se rendre pour la seconde fois en Côte d’Ivoire, c’est sans doute en Afrique qu’il trouvait l’inspiration. Il meurt d’une overdose quelques jours avant son départ, il a seulement 27 ans.

Certains ont voulu le comparer à Van Gogh. Personnellement je trouve cela exagéré, mais ça  n’engage que moi.

Que serait devenu son œuvre s’il ne nous avait pas quitté si tôt ? Son travail franchira-t-il l’épreuve du temps ? Bien entendu il y aura toujours des financiers pour “entretenir sa cote”…




Liens

Images Jean-Michel Basquiat sur Art-Passion


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Samedi 21 février 2009
- Par BMC
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Peinture BMC 75 x 110 cm Technique mixte.

En tant que citoyen français je n’ai pas de raison de m’adresser à vous, d’autant que je sais très bien que ce texte n’a aucune chance de vous parvenir. Mais ne pas le faire me laisserait un trouble de conscience.

Bien entendu ce n’est pas en mon nom que je m’adresse à vous, mais au nom de tous ceux qui souhaitent un monde meilleur et je sais que vous en faites partie.

Je voulais simplement vous rappeler la lettre que Monsieur Raoul Follereau adressait à la fois au Président Eisenhower et au président du conseil de l’Union Soviétique, le Président Malenkov. Lettre écrite en 1954 mais toujours d’actualité, seuls les noms (et les chiffres) changent.

Voici ce texte puisse-t-il avoir une résonance dans votre cœur.



Lettre ouverte, à Monsieur le Président des États-Unis d’Amérique et à Monsieur le Président du Conseil de l’Union Soviétique Paris, le 1er septembre 1954.

Messieurs les Présidents, Messieurs les Grands,

Lirez-vous cette lettre ? Si elle parvient jusqu’à vous, vous la lirez. Et même si vous ne me répondez pas, vous serez obligés d’y répondre dans le secret de votre cœur. Car vous avez un cœur.

Seulement avez-vous le temps de l’entendre battre ? Si vous l’écoutez quelquefois, puisse-t-il vous parler des centaines de millions d’autres cœurs qui battent dans le monde, que parfois vous faites battre plus vite... Parce qu’un jour, à cause de vous, ils pourraient cesser de battre. Je suis un homme de bonne volonté. Comme vous. Mais qui a exploré d’autres domaines de la souffrance. Je suis un homme qui croit encore à la bonne volonté. Et c’est pour cela que je vous écris. Vous êtes, Messieurs, les deux hommes les plus puissants du monde. Je sais bien que cela ne signifie pas grand-chose : les hommes très puissants, sauf le mal, ne sont guère libres de faire quoi que ce soit.

Mais ce que je vous demande est si peu... Presque rien... Donnez-moi un avion, chacun un avion, un de vos avions de bombardement. Parce que j’ai appris que chacun de ces engins coûtait environ cinq milliards de francs... Alors j’ai calculé qu’avec le prix de deux de vos avions de mort, on pourrait soigner tous les lépreux du monde. Moi je dormirai mieux. Et des millions de pauvres gens dormiront enfin...

Vous êtes les demi-dieux de ce siècle. Les demi-dieux, jadis, on les craignait, on les admirait de loin. Je ne me souviens pas bien si les peuples les aimaient beaucoup : ils étaient trop loin... Ainsi de vous. Vous êtes si loin que peut-être jamais vous ne lirez cette lettre. Et pourtant je suis sûr que vous êtes bons, que vous voulez vraiment la paix et le bonheur de tous... Seulement vous êtes trop loin... Et trop loin l’un de l’autre.

Vous ne croyez pas que ce serait une belle occasion de « faire quelque chose » ? Douze ou quinze millions de pauvres gens, ce n’est pas toute la misère du monde. Mais c’est déjà une grande misère.

Deux avions de bombardement ! Et l’on aura tous les médicaments pour les soigner ! Deux avions dont tout ce que vous souhaitez c’est qu’ils se rouillent dans leurs hangars, sans jamais en sortir... Le problème n’en sera pas pour autant résolu ? Je le sais. Mais donnez déjà les deux avions : vous allez voir comme il va s’éclaircir. Et quelle espérance naîtra alors dans des millions de pauvres cœurs qui ne seront pas seulement ceux des lépreux...

Pour l’instant, je suis seul à espérer. Mais j’espère si fort, si fort, que vous m’entendrez, que vous finirez par m’entendre... S’il plaît à Dieu, à ce Bon Dieu auquel un de vous seul à foi
(Écrit en 1954).
Mais qui vous aime tous les deux... »

Raoul Follereau


LIEN


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Lundi 12 janvier 2009
- Par BMC
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BMC de la série “les restes du monde” Peinture 110 x 75 cm.

Chers et fidèles internautes, pardonnez-nous de vous avoir abandonnés aussi longtemps. Il y a à cela deux raisons, d’abord un déménagement qui a entraîné une série de travaux d’aménagement, pas encore terminés. De plus nous avons eu “l’heureuse initiative” de changer de fournisseur d’accès, ce qui a encore ralenti les choses. Enfin maintenant le principal est fait, même si nous ne serons définitivement installés que dans quelques mois.
Bientôt les articles vont reprendre. Je me dois avant toutes choses de répondre aux nombreux commentaires ainsi qu’aux innombrables mails.
Merci de la patience dont vous avez fait preuve.





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