ENTREZ LIBRES
30 Novembre 2006

Je dois dire que, parmi les peintres français, il fait partie de mes préférés, avec Nicolas Poussin et, chez les modernes, Georges Rouault et Georges Braque.

Cela peut vous paraître étrange de parler de peinture typiquement française, pourtant elle se reconnaît à un certain sens de la mesure que l'on ne retrouve ni dans la peinture espagnole, ni chez les Allemands. Il y a aussi chez les Français un coté "philosophique", méditatif, à ce propos voir Braque, Cézanne, même Corot.

Pour moi Chardin, Poussin, sont des prototypes du genre, comme Goya et Picasso représentent l'art espagnol, empreint de violence et de révolte.
Chez les Allemands, c'est l'expressionnisme qui reprend le dessus, aussi bien concernant la peinture ancienne que moderne.
Mais revenons à notre cher Jean-Siméon. Son père était fabricant de billards pour le roi. On ne sait pas grand-chose sur les maîtres qui l'ont initié à la peinture. La seule certitude est que le 6 février 1724, il est reçu Maître à l'Académie de Saint Luc (saint patron des peintres), titre qu'il répudiera en 1729.

Chardin sera reçu peintre académicien à l'Académie Royale. On suppose que ses "travaux de réception" ont été la Raie et le Buffet.
Ces deux œuvres seront bien plus tard copiées par Henri Matisse.
Jean Siméon Chardin a la réputation de peindre très lentement, revenant sans cesse sur la toile; c'est très probablement à cela que l'on doit ces matières exceptionnelles, que l'on ne trouve que très rarement chez les peintres de cette époque et, n'oublions pas, ces empattements de blanc sur les éclairages, deux choses que n'ont jamais su rendre ceux qui ont copié ou imité Chardin.

Dans son essai sur la vie de Chardin (1780), Cochin indique que "l'artiste repeignait ses tableaux jusqu'à ce qu'il fût parvenu à cette rupture de tons que produit l'éloignement de l'objet et les renvois de tous ceux qui l'environnent et qu'enfin il eût obtenu cet accord magique qui l'a si supérieurement distingué".

Dans le courant de l'année 1731, Jean Siméon épouse Marguerite Saintard, qui lui donnera un fils Jean Pierre. Toujours en 1731, Chardin participe sous la houlette de Jean Baptiste Van Loo à la restauration des fresques du château de Fontainebleau.

Le point fort de Chardin était la nature morte et pourtant les amateurs lui réclamaient toujours des scènes de genre. Ce qui l'obligea pour des raisons matérielles à peindre des sujets dont il se serait bien passé, cela se ressent dans certaines œuvres.
Il a aussi excellé dans le portrait et l'autoportrait.
Jean Siméon Chardin est mort en 1779, ses dernières œuvres furent des autoportraits au pastel.

Bien que bien meilleur peintre que Greuze, de son vivant il fut moins considéré que lui, sans doute l'époque s'intéressait-elle davantage aux œuvres de genre. Mais en peinture le temps arrange bien des choses.

Maintenant, j'espère, pour ceux qui ne le connaissaient pas, vous avoir fait découvrir Chardin et que vous allez aimer cette peinture autant que moi.

Pour ceux que ça intéresse, on peut voir de nombreux tableaux de Chardin au Musée du Louvre.
