ENTREZ LIBRES
4 Octobre 2006
Sans doute aurez-vous remarqué que dans ce titre se cache une anagramme, Algérie étant l'anagramme de galerie. Et comme je ne vous prends pas pour des débiles, j'imagine que vous avez compris que j'allais vous parler de cette guerre qui pendant longtemps n'a pas osé dire son nom.
En Algérie, nous ne faisions pas la guerre, nous pacifiions le pays. C'était des opérations de maintien de l'ordre.
Un pays qui cherche à reconquérir sa liberté est généralement prêt à tous les sacrifices pour ça.
En Algérie, ni la torture, ni le napalm, ni les exécutions sommaires, ne sont venus à bout d'un peuple déterminé à retrouver son indépendance.

Beaucoup de jeunes, qui à l'époque avaient à peine vingt ans, quand ils n'ont pas perdu la vie, ont perdu vingt-sept, ou vingt-huit mois de leur existence. Et ce n'est pas la ridicule pension qui leur est attribuée aujourd'hui qui pourrait être une quelconque compensation. Les "grands" de ce monde ont vite fait de se donner bonne conscience.
Aujourd'hui les esprits ont évolué. Dans les années cinquante, un jeune incorporé issu de la France profonde, sans doute un peu naïf, était très facilement "manipulable". Sauter en parachute, c'était une expérience formidable, il ne restait plus qu'à un adjudant de carrière de lui raconter ses exploits durant la guerre d'Indochine (vous l'aviez oublié, celle-là!). Ensuite on lui mettait un béret rouge sur la tête (très important, le béret) , et une tenue camouflée.
Qu'il me soit permis ici de rendre hommage aux objecteurs de conscience qui ont eu, dans des circonstances difficiles, le courage d'aller jusqu'au bout de leurs convictions.

Je connais trop bien les arguments employés par ceux qui veulent à tout prix justifier cette guerre. Je vous vois venir avec vos gros sabots, "Et les prisonniers français, vous savez comment ils étaient traités ?". À ceux-là je répondrai que l'on ne justifie pas un crime par un autre, que la vengeance ne résout jamais un problème, qu'aucune guerre ne mérite d'être faite, fut-elle au nom d'un dieu, d'un pays ou d'un homme.
À tous les ex-jeunes qui l'ont faite, voici ce que j'aimerais dire: Durant plus de deux ans vous avez été les otages de la France, elle seule est responsable de vos actes. Tant pis pour son Karma!!!



