Jeune lièvre
Albrecht Dürer est connu de tous en tant que graveur. Moins nombreux sont ceux qui connaissent ses peintures, et sans doute encore plus rares ceux qui le considèrent comme mathématicien.
Peinture à la détrempe 22,5 x 19,2 cm.
Dès son plus jeune âge, Albrecht travaille dans l’atelier d’orfèvrerie de son père. Il est le troisième enfant de l’orfèvre Albrecht Dürer l’ancien, qui (avec l’aide de son épouse) aura 18 enfants. C’est là qu’il va apprendre à se servir du burin et de la pointe à graver, il va se faire remarquer par ses dons exceptionnels pour le dessin. Durant trois années, de 13 ans à 16 ans, il perfectionne sa technique.
Comme Albrecht formule le vœu de devenir peintre, et compte tenu de ses aptitudes, son père accepte qu’il devienne apprenti dans l’atelier d’un maître.
Michael Wohlgemut par Dürer
En 1486, Dürer entre au service d’un nommé Michael Wohlgemut. C’est là qu’il va apprendre toutes les techniques du dessin et de la peinture. Je dis bien toutes, cela ira du dessin à la mine d’argent ou de plomb en passant par la gouache, la tempéra, l’aquarelle et, bien entendu la peinture à l’huile. Il va aussi découvrir les très nombreuses techniques de la gravure, sur bois, xylographie etc.
Dürer va travailler d’après nature, portraits, animaux, paysages, compositions, enfin tout ce qui se fait dans l’Allemagne du XVº siècle.
Chien
En 1491, premier voyage de Dürer à Colmar où il espère rencontrer un de ses maîtres du moment, un certain Martin Schongauer. Il arrivera trop tard, le peintre est mort depuis déjà quelques jours.
Huile sur panneau 51 x 40 cm.
À son retour à Nuremberg, et comme cela se pratique à l’époque, il est décidé par les familles respectives de marier Albrecht à une dénommée Agnès Frey. Aussitôt dit aussitôt fait.
Maintenant, Durer, qui dans le domaine de l’art est un touche à tout, va entreprendre plusieurs voyages à travers l’Allemagne, la France, et surtout à Venise, (sans doute aussi Padoue et Mantoue) séjour dont il restera profondément marqué et où il va découvrir la peinture Italienne de l’époque. On a dit qu’il avait été très impressionné par Mantegna ; c’est probablement à ce moment qu’il a découvert ses œuvres. À Venise, il décroche sa première commande importante, un retable pour l’église Notre Dame à San Bartolomeo.
Le christ parmi les docteurs
Lors de ses nombreux voyages, Dürer, qui ne peut pas rester inactif, réalise de nombreux paysages à l’aquarelle.
Paysage
De retour à Nuremberg, il consacre tout son temps à l’étude, pas seulement la peinture et la gravure mais aussi les mathématiques, qui le passionnent. Il apprendra plusieurs langues afin de pouvoir s’exprimer dans chacun des pays où il a l’intention de séjourner.
Naissance du christ
En 1512, Dürer est anobli par l’empereur Maximilien de Habsbourg qui lui décerne le titre de peintre officiel de la cour. Par la suite il entrera au service de Charles-Quint.
La chouette
En 1515, l’Empereur accorde à Dürer une rente annuelle et à vie de 100 florins. Il est membre du conseil municipal de Nuremberg. C’est maintenant un homme riche.
Dans son atelier de Nuremberg, Albrecht Dürer va réaliser plus de 76 peintures, un millier de dessins et bien entendu de nombreuses gravures. ”Le savoir se mesure à l’activité”, disait Saint François, en voilà un bel exemple.

L’arrestation du Christ
Décidément Dürer sait tout faire, il va publier des ouvrages traitant de sujets souvent fort différents. Comme on peut l’imaginer, ses livres sont illustrés d’un nombre considérable de gravures. La chronique de Nuremberg ne comporte pas moins de 600 bois gravés. Beaucoup de sujets religieux sont évoqués, les Passions (2), la vie de Marie, l’Apocalypse.
Une planche de l’Apocalypse
C’est en 1494, lors d’un voyage en Italie, qu’il rencontre un certain Jacopo de’Barbari, peintre de son état, mais lui aussi passionné de mathématiques. Ils étudient ensemble la perspective, les proportions. Dürer découvre Euclide, Vitruve.
Melancholia
À partir de maintenant il va intégrer ses connaissances mathématiques et géométriques dans ses œuvres. Dans Melancholia, on trouvera non seulement des figures géométriques mais aussi un carré magique dont les sommes horizontales, verticales et diagonales sont égales à 34 (4+3=7 chiffre ésotérique par excellence). Sur ce même carré magique, on retrouve dans les deux cases du bas la date de l’œuvre 1514.

Melancholia (détail)
Toujours dans le même tableau, on peut voir de nombreux symboles maçonniques, le compas, la pierre taillée, le sablier, l’échelle, le triangle lumineux. Dans un célèbre autoportrait, Dürer s’est représenté tenant à la main un chardon, symbole de l’initié. Le chardon est la fleur du soleil, c’est l’image de la vertu cachée protégée par ses piquants. On peut en déduire que Dürer avait acquis un grand nombre de connaissances dans ce domaine. N’oublions pas qu’à 18 ans il avait fait son “tour” de compagnons c’est sans doute ce qui explique son goût du symbole.
Autoportrait au chardon
Dürer envisage de rédiger un grand ouvrage sur les rapports des mathématiques en relation avec l’art. Par la géométrie descriptive, il explique la construction des différentes figures ; je ne vais pas ici entrer dans le détail, ce serait beaucoup trop fastidieux. Ce livre ne sera malheureusement jamais édité.
Vierge à l’enfant
Dürer est infatigable, bien que le TGV n’existât pas encore il continue ses voyages avec sa femme et une servante. La Suisse, à nouveau l’Italie, Francfort, Cologne, Aix-la-Chapelle, Bruxelles, Gand, Bruges. Il demeure une année à Anvers, les Pays-Bas où il va voir une baleine échouée sur la plage.
Saint Jérôme
Au cours de ses voyages Dürer est atteint de malaria.
De retour à Nuremberg, il continue à œuvrer, rédige une chronique familiale, un journal, un traité sur les fortifications, rencontre Lucas Cranach l’ancien.
Après une vie bien remplie, le 6 avril 1528 Albrecht Dürer meurt à l’âge de 57 ans.
Étude
Je ne sais pas si cette information est fondée, on a dit que Dürer avait en permanence une température de plus de 38º, il aurait même dit : “sans cette fièvre bénéfique je n’aurais jamais pu réaliser mon œuvre”.
La mère de l’artiste à 63 ans – Fusain
La Vierge de la fête du rosaire
Érasme par Dürer
Encre et gouache
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