B.M.C.


Lundi 2 novembre 2009
- Par BMC






Pierre Soulages, moine Zen ou Cistercien ?



Ou le noir en puissance d'être. La lumière est issue des ténèbres, dit-on. Plus Pierre Soulages s'enfonce dans les profondeurs abyssales du noir, plus la lumière se fait jour.


La démarche de Soulages est une longue histoire, dès l'enfance, il est fasciné par ce que plus tard les peintres appelleront “la matière”. Tout ce qui est vieilles pierres, morceaux de bois flotté, en un mot tout objet sur lequel le temps a laissé son empreinte le conduira à une réflexion qui ne pourra, en ce qui le concerne, ne  s'exprimer que par la peinture.


L'enfance est souvent le tremplin de notre existence, comme si tout était déjà programmé. Outre son attirance pour les matériaux nobles, Soulages va découvrir très jeune l'art roman et en particulier l'abbatiale Sainte-Foy de Conques. Comme on peut l'imaginer, les peintures rupestres vont également retenir toute son attention. Il va aussi s’intéresser à l’archéologie, la voie semble déjà toute tracée.


On raconte l’histoire suivante : Le petit Pierre à peine âgé  de huit ans dessine en noir sur une feuille blanche, jusque-là rien de plus banal, mais lorsqu’on lui demande ce qu’il est en train de peindre, “un paysage de neige”. Plus tard il s’expliquera : “Je voulais par le contraste créé rendre le blanc plus blanc, plus lumineux”.


Pierre Soulages est né à Rodez dans un   pays où poussent les cailloux, pays rude, propice à la réflexion et à la  méditation.  Dans cet Aveyron, qui lui ressemble tant. C’était pour la veillée de noël le soir du 24 décembre 1919.


À l’âge de 18 ans, Pierre Soulages “monte à Paris”,  bien décidé à devenir peintre. Il est admis à l’école des Beaux-Arts. Très vite découragé par la médiocrité de l’enseignement (les choses n’ont pas beaucoup changé de nos jours), il retourne vivre dans sa ville natale. Son passage par Paris lui aura été très utile, il y aura découvert Cézanne, Picasso et aussi tous les grands classiques Poussin, Uccello (bien sûr) et les autres…


En 1939, la guerre viendra perturber ses plans. D’abord mobilisé en 1940, il sera démobilisé en 1941. C’est cette même année qu’il vient s’installer en zone libre à Montpellier. C’est sans doute à cette époque qu’il découvrira Sète, ville chère à son cœur puisqu’il y passera la plus grande partie de sa vie.

 

 Soulages refuse le STO ; avec l’aide de cultivateurs de la région, il se cachera jusqu’à la fin de la guerre. Permettez-moi ici de faire une parenthèse pour ceux qui n’ont jamais entendu parler du STO. Il s’agit du Service du Travail Obligatoire créé par l’occupant nazi qui consiste à enrôler de force toute personne valide pour l’envoyer travailler dans les usines d’armement  allemandes. Un autre célèbre sétois, Georges Brassens, a malheureusement connu cette triste expérience.


Sa véritable carrière de peintre commence en 1946. Installé à Montparnasse il se lance dans des  recherches purement abstraites où, déjà, le noir domine. Dès 1948 il va participer à de nombreuses expositions et salons (à une époque où les salons avaient encore toute leur raison d’être). Assez vite il sera connu et reconnu autant en France qu’à l’étranger.


Dans ses peintures des années cinquante, les bruns sont très présents. Soulages emploi parfois le brou de noix, à cette époque, la couleur fait assez souvent une timide apparition, les bleus, les rouges, les ocres. La recherche paraît plus souvent s’attacher à la transparence, aux rythmes. On pourrait presque parler de musicalisme abstrait.


Certains peintres “remplissent” leur tableau, ils ajoutent, ajoutent encore et encore jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à ajouter. Chez Soulages, la démarche est inverse, il simplifie de plus en plus jusqu’au moment où ne reste que l’essentiel. Dans le sous-titre de cet article, j’ai fait une allusion au côté Zen de Pierre soulages. Sa démarche est une méditation. Un à un il élimine tout ce qui pourrait nous distraire pour ne laisser apparaître que l’ultime signe qui résume l’ensemble.


Une des plus grandes qualité de Pierre Soulages est de ne s’être jamais laissé aller à la facilité. Jamais il ne tombera dans le décoratif, le joli, ce qui est souvent le défaut des peintres abstraits, je pense, par exemple à Zao Wou-Ki, à Mathieu. Sa peinture a un côté statique que n’ont pas ses illustres confrères, Kline, Hartung ou Schneider. Soulages est un terrien, en bon capricorne, il est plus rocher que vent, mais rocher au milieu d’un jardin Zen.


C’est dans les années 80 que Soulages fait ses premiers tableaux complètement noirs où seul la matière va accrocher la lumière. C’est à mon avis le couronnement de son œuvre. À voir les tableaux plus anciens, on pouvait se douter que sa démarche le conduirait  à une peinture monochrome. Il aurait tout aussi bien pu peindre des monochromes blancs.


Dans ses dernières œuvres, le noir appliqué en épaisseur est travaillé avec une spatule de peintre en bâtiment, un couteau, de grosses brosses ou tout autre outil de sa fabrication, seule la matière va servir de support à la lumière ; plus la peinture est simplifiée et plus le noir va prendre de force.


Soulages parle de l’Outre-noir, cela se passe de commentaire. Maintenant, iI y a l’avant et l’après Soulage, le noir est devenu une couleur à part entière, plus jamais il ne sera considéré comme une non-couleur.


Je vous ai dit que petit Pierre Soulages avait découvert l’église abbatiale de Conques. En 1987 on lui demande de réaliser  104 vitraux pour cette église. Durant 7 ans, il va travailler à leur réalisation. Et comme il n’était pas question de faire des vitraux entièrement noirs, ils seront réalisés dans un verre légèrement translucide,   verre spécialement conçu par des spécialistes et avec le concours du peintre.


En 2012, un musée Soulages ouvrira ses portes à Rodez, l’artiste a fait don de 250 œuvres. D’autre part le Musée Fabre de Montpellier a reçu une donation de 20 tableaux, parmi lesquels des œuvres majeures.


Pierre Soulages aura 90 ans dans quelques jours, souhaitons longue vie au “ vieux sage ” qui, sans doute, aura encore beaucoup de choses à nous apprendre.


Pierre Soulage a influencé de nombreux peintres, je n’en veux pour preuve que ces deux peintures de BMC réalisés en 1960.



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BMC peinture sans titre

 

 

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BMC peinture sans titre


P.S. La photo ratée :


C’était à la FIAC (Foire internationale d’Art Contemporain) il y a plusieurs années. Je me trouve sur le stand de la Galerie de France. Les murs sont blancs, les grandes toiles noires de Pierre Soulages créent un contraste saisissant, et devant elles, je vous jure que c’est la vérité : un “gros” (pardon pour lui) curé en soutane noire, un béret sur la tête, un parapluie noir sur le bras. Bien entendu je n’avais pas d’appareil photo…



Rétrospective Pierre Soulages Centre Georges Pompidou

 

 

 

 

 

 

OOOOO

 

 

 

 

 

 



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Mercredi 16 septembre 2009
- Par BMC








Cézanne  le paysage et la Sainte Victoire.



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Paul Cézanne – “La montagne Sainte Victoire” -1896-1898 - 81 x 100 cm.  Musée de l’Ermitage

Saint Pétersbourg.

 

 

Jusqu’en 1872 Paul Cézanne avait toujours peint en atelier et jamais “sur le motif ” comme on disait à l’époque.

À la demande insistante de son ami Camille Pissarro, Cézanne s’installe pour quelque temps, d’abord à Pontoise et ensuite à Auvers-sur-Oise chez le docteur Gachet.

 

 

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Paul Cézanne - Auvers-sur-Oise.- Musée d’Orsay Paris -

Ne dirait-t-on pas  un Van Gogh de la première période ! Pour ceux qui douteraient voici la signature :


 

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L’influence de Pissarro va être notable durant la période où ils travailleront en commun (1872 -1873). Ce sera certainement à ce moment que la  peinture de Cézanne n’aura jamais été aussi impressionniste. De cette époque, je vous ai montré dans mes articles précédents “La maison du pendu”, “La maison du docteur Gachet” ; il y aurait bien d’autres exemples.


De retour à Aix, Cézanne n’aura de cesse d’aller peindre d’après nature, mais maintenant sa peinture favorisera toujours le côté construit. Cézanne trouve vraiment son style. L’influence de Pissarro disparaît. Ce qui n’empêchera pas Cézanne de vouer durant toute sa vie une très grande admiration pour son confrère et ami.



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Paul Cézanne – “Le pont de Maincy – 1878-1879 – 60 x 75 cm. Musée d’Orsay Paris.

 

 

 

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Cézanne - “La carrière de Bibémus” - 1895 - 65,1 x 81 cm.- Muséum Folkwang Essen.


Sur ce tableau, on entrevoit très nettement une prémonition de ce que seront les peintures cubistes de Braque et Picasso.

Probablement Cézanne n’aurait pas revendiqué la paternité du cubisme, mais difficile d’imaginer que ce dernier ne soit pas né de sa peinture. Les premières œuvres de Braque et Picasso sont directement inspirées de Cézanne. Voir par exemple de Braque “Viaduc à l’Estaque” ( lien image).



La Sainte Victoire


Il existe 11 peintures de la Sainte victoire et 17 aquarelles.

 

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Paul Cézanne – “La montagne Sainte Victoire” 1902-1906 - Collection privée.



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Paul Cézanne- Le château noir et la montagne Sainte Victoire – 1890 - 1895- Mine de Plomb et aquarelle-31,6 x 48,7.


Dans ces aquarelles, on va se rendre compte à quel point Cézanne souhaitait tout ramener à l’essentiel, sur ces petits chefs d’œuvres ne reste plus que quelques lignes et autant dire pas de couleurs. Ne subsistent que les caractéristiques fondamentales du paysage.


Comme on le sait, Cézanne était “obsédé » par la sainte victoire, il y retournera sans cesse.  Il était un perfectionniste et non un laborieux, comme certains le laisseraient entendre. Il peignait lentement, revenant sans cesse sur l’œuvre en cours, on se rend compte du travail accompli pour réaliser autant de tableaux.



Cézanne et le portrait



Et aussi les autoportraits.  Hormis Van Gogh, peu de peintres de cette époque ont en fait autant.

 

 

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Paul Cézanne - Autoportrait - 1873-1876 - Musée du Jeu de Paume Paris – (Don Laroche).


Difficile pour Cézanne de trouver des modèles suffisamment patients… Cela aussi explique ses nombreux autoportraits.

 

 

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Paul Cézanne - Portrait de Victor Choquet - 1876-1877 - Collection  Rothschild - Cambridge.


Victor Choquet était un homme modeste, pas bien riche, mais qui, à une époque où personne ne s’intéressait aux “impressionnistes”, a su voir avant tout le monde l’intérêt de ces peintres. En fonction de ses moyens, il achetait quelques tableaux, et particulièrement des Cézanne dont il adorait la peinture. Il existe aussi un portrait de lui peint par Renoir.


Cézanne va aussi s’intéresser à la composition avec plusieurs personnages, en particulier avec ses célèbres joueurs de cartes.

 

 

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Paul Cézanne - Les joueurs de Cartes – 1890 -1895 -  47 x 57 cm - Musée d'Orsay, Paris.


Mais c’est bien avec “ Les grandes baigneuses” que Cézanne va arriver à l’accomplissement de ses théories.

Il est curieux de constater que les peintres qui produisent de petits tableaux se surpassent souvent dans les grands formats, ce fut le cas pour Cézanne.

 

 

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Paul Cézanne (1839-1906) - Les Grandes Baigneuses – 1894 -1905 - 136 x 191 cm

Londres, National Gallery

 


Cézanne sait tout peindre, il peint même des fleurs - la  preuve :

 

 

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"Le Vase bleu" -1887 - Musée du Jeu de Paume Paris


Pour la petite histoire : En 1973, dans le cadre de l’amitié franco-polonaise fut organisée, sous la houlette du ministre des beaux arts Jacques Duhamel et de son confrère polonais,  une exposition d’artistes ayant participé au Salon d’Automne (Cézanne y avait eu droit à une rétrospective). La toile de Cézanne “Le vase bleu” y figurait, ainsi que des œuvres de : Bonnard, Gauguin, Vuillard, Matisse, Marquet, Juan Gris, Braque et j’en passe…

Parmi les contemporains, on pouvait voir : Bernard Buffet, Gérard Schneider, Chastel, Marzelle, Rohner. Bref, il y avait en tout 135 peintures.

Allez donc savoir pourquoi on m’avait demandé de participer à cette exposition avec un tableau : “Requiem pour une étoile” (130 x 162 cm). Cette toile avait bien été exposée au Salon d’Automne, mais je ne sais pas qui avait pu  choisir mon nom parmi les quantités de peintres ayant participé à ce salon. Sans doute ne le saurai-je jamais.


L’exposition a eu lieu à Varsovie puis à Katowice.


Plusieurs tableaux que j’avais exposés au Salon d’Automne furent détruits ou repeints, celui dont il est question est toujours en ma possession et même s’il n’est pas au mur, je le revois toujours avec plaisir.


Tout ça c’était pour vous dire que j’ai eu au moins une fois dans ma vie l’occasion d’exposer avec certain de mes artistes favoris. Vanité des vanités…


PS. Si il y en a que ça intéresse, vous pouvez voir  sur mon blog le tableau “Requiem pour une étoile” dans la mini rétrospective BMC. Il figure dans la catégorie “Peintures post-cubistes”.

 

 

 

 

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Mardi 1 septembre 2009
- Par BMC
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(Deuxième partie)


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Paul Cézanne -  “Le baiser de la muse”  vers 1859 - Musée Granet Aix-en-Provence.

 

 


Comme je l’ai écrit dans mon article précédent, les premières œuvres de Cézanne n’ont rien d’impressionnistes, c’est ce qu’il appelait “sa période couillarde”. Personnellement je la qualifierai plutôt de romantisme baroque.

 

Il faut dire que ses premiers tableaux reflétaient l’influence de Delacroix, peintre pour lequel il avait une profonde admiration, et aussi des réalistes, en particulier Courbet. Sans compter tous les autres peintres, que Cézanne “côtoyait” au Louvre.

 

Non seulement sa peinture était très “classique”, mais il y avait un côté que l’on pourrait qualifier d’espagnol, je pense à Murillo et même à Zurbaran.

 

Heureusement pour nous Cézanne a viré sa cuti, ce ne sont certainement pas ses œuvres-là qui nous auraient laissé un souvenir impérissable.

 

Dès les premiers tableaux, on s’aperçoit que chez le maître d’Aix la forme et la composition priment sur la couleur. Chez lui la couleur est plus là pour souligner la forme que pour créer une impression comme ce serait le cas chez Pissarro ou Monet. Je ne veux pas dire que Cézanne n’attachait aucune importance à la couleur, il en parlera souvent, mais il ne l’utilisera pas comme un peintre impressionniste ou pointilliste, qui eux vont se soucier de juxtaposer les tons complémentaires de telle ou telle façon, par exemple pour l’ombre d’un objet.

 

À titre indicatif voici quelle était la palette de Cézanne :

 

Jaune brillant

Jaune de Naples

Jaune de chrome

Ocre jaune

Terre de Sienne naturelle

Terre de Sienne brûlée

Vermillon

Ocre rouge

Laque de garance

Laque carminée fine

Laque brûlée

Vert Véronèse

Vert émeraude

Terre verte

Bleu de cobalt

Bleu outremer

Bleu de Prusse

Noir de pêche

 

En ce qui concerne le blanc , je n’ai aucun renseignement, peut-être a-t-il utilisé le blanc de céruse, dont à l’époque on ne connaissait pas encore la nocivité.

 

Au début Cézanne “s’embourbe” dans une pâte épaisse. Bien qu’il n’utilise pas le bitume comme son maître Delacroix, les fonds sont souvent noirs ou foncés. Par   exemple, “Le déjeuner sur l’herbe” qu’il peindra en 1869, soit 8 ans après Manet.

 

 

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Paul Cézanne - “Le déjeuner sur l’herbe” première version  1869 / 70 - Collection particulière.



Dans “La pendule noire” (1867), on va se rendre compte à quel point Cézanne attache de l’importance à la composition. Ce tableau est organisé selon des verticales et des horizontales, comme beaucoup plus tard aurait pu le faire Mondrian.

Remarquez le “cadrage” très particulier pour une peinture de l’époque, cadrage qui serait celui d’un photographe contemporain mais sûrement pas celui d’un peintre de 1860.



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Je ne résiste pas à l’envie de vous conter la petite histoire de cette toile dont la sobriété et le dépouillement feraient facilement penser à une vanité. Tout l’esprit de Cézanne est dans ce tableau.

Vers 1867, date approximative à laquelle il fut peint, Zola habitait aux Batignolles, rue de la Condamine (Lire “l’Œuvre” ou Zola raconte les soirées du jeudi chez Sandoz, alias Zola) .  Dans cette toile Cézanne avait réuni quelques objets chers à son ami. La pendule, bien sûr, son encrier, sa tasse à thé.

Curieux de constater que la pendule n’a pas d’aiguilles, venant d’un esprit aussi rigoureux que celui de Cézanne, ce n’est certainement pas un hasard. Peut-être voulait-il arrêter le temps, peut-être pressentait-il sa future brouille avec Émile ?

Pour l’explication du coquillage, voir un psy qui aura certainement beaucoup plus de choses à dire que je ne pourrais le faire sans tomber dans de la psychologie de bistrot.

 

Par la suite ce tableau ira dans la célèbre maison de Médan où, après leur “fâcherie”, il se retrouvera face au mur dans le grenier.

Aujourd’hui cette toile est au Musée d’Orsay où vous pourrez l’admirer et raconter son histoire à ceux qui ne la connaîtraient pas encore.


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Paul Cézanne - “Le déjeuner sur l’herbe” deuxième version – 1870 / 71 - 89,5 x 166,5 cm. . Musée d’Orsay Paris.


Dans la deuxième version la “Période couillarde” a complètement disparu.

 

Décidément très marqué par Manet, Cézanne va peindre “Une moderne Olympia”, là aussi il en existe deux versions. La première a été réalisée quatre ans après celle de Manet. Il y a dans ce tableau une très belle recherche au niveau de la composition, mais l’ensemble reste encore très académique.


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Paul Cézanne - “Une moderne Olympia, première version - 1867-70 - Collection privée.

 

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Paul Cézanne - “Une moderne Olympia” deuxième version -1873 / 74 - 46 x 55,5 cm.- Musée d’Orsay Paris.


Dans la deuxième version, on trouvera une influence impressionniste beaucoup plus marquée. Il faut dire qu’entre temps Cézanne a rencontré Pissarro qui l’a fortement “impressionné”. Mais chez Cézanne le cerveau aura toujours la priorité sur l’œil, Cézanne est plus un cérébral qu’un instinctif, chez lui tout est réfléchi. Renoir peint pour s’amuser en se laissant aller à son instinct. Chez Cézanne, rien n’est laissé au hasard.

 

On connaît tous la célèbre formule de Cézanne : “Il faut traiter la nature selon le cube, la sphère et le cône”.

Et Émile Bernard ajoutait : “Si on est capable de dessiner parfaitement un cube, un cylindre et une sphère, on peut alors dessiner tout ce que l'on voit, que ce soit une table, une fenêtre, un paysage ou un visage... car tout objet, tout corps est structuré à partir de ces formes simples”.


En 1872, le séjour de Cézanne à Auvers- sur-Oise qui durera un an, va lui permettre de  remettre en question les bases de son art.

 

On imagine facilement les discussions entre Cézanne, Guillaumin, le docteur Gachet et surtout son ami Pissarro.

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Paul Cézanne – “La maison du pendu” - 1873 - 55 x 66 cm. - Musée d’Orsay Paris.


Durant cette période (1872 - 1873) Cézanne, Pissarro, Guillaumin et, bien entendu, le docteur Gachet travailleront ensemble dans le grenier de la maison qui a été aménagé en atelier de gravure. Ils y effectueront de nombreuses estampes.

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Paul Cézanne – Pointe sèche 1873.

 

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Paul Cézanne - La maison du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise - 1873 - National Gallery Washington.


C’est maintenant que Cézanne va se libérer du “bourbier” dans lequel s’enfonçaient ses premières œuvres. La touche devient plus nette, les couleurs plus franches. S’il n’est toujours pas franchement impressionniste, il a retenu les leçons de Pissarro.


La nature morte chez Cézanne :



Avec une pomme, je veux étonner Paris !”

                                               Cézanne


Cézanne peint sur le motif. S’il s’agit d’un paysage, il est toujours possible de choisir un certain angle de vue, mais impossible de déplacer le clocher de l’église s’il n’est pas au bon endroit.

 

Avec la nature morte, l’artiste dispose les éléments comme il l’entend, rien n’est laissé au hasard. Cela convient particulièrement bien à Cézanne qui prendra un soin tout particulier à la composition de ses natures mortes. Cela ira du plus simple dont voici un exemple :


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Paul Cézanne – Nature morte avec poire et pommes vertes -  22 x 32 cm. – Musée de l’Orangerie Paris.


Et parfois au plus compliqué :


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Paul Cézanne – Nature morte au panier –  65 x 81 cm. - Musée d’Orsay Paris.


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Paul Cézanne – Nature morte à la bouilloire- Musée d’Orsay Paris.


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Paul Cézanne – Nature morte au vase pique fleurs – 1905 -81,3 x 100,7 cm. – National Gallery, Washington.




                                                                                         A suivre...            
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