Plutôt que de vous dire à nouveau tout ce qui a été dit et redit sur Van Gogh, j’ai préféré laisser la parole à l’artiste.
Les textes colorés en orange sont issus de la correspondance de Vincent avec son frère Théo.

1
"Je voudrais faire des portraits qui, un siècle plus tard, aux gens d'alors, apparaissent comme des apparitions. Donc je ne cherche pas à faire cela par la ressemblance photographique, mais par nos expressions passionnées."

2
“J'ai acheté exprès un miroir assez bon pour pouvoir travailler d'après moi-même à défaut de modèle, car si j'arrive à pouvoir peindre la coloration de ma propre tête, ce qui n'est pas sans présenter quelque difficulté, je pourrai aussi peindre les têtes des autres bonshommes et bonnes femmes”
.

3
“Nous sentons que la chose est plus grande que nous, et de plus longue durée que notre vie”.

4
“Nous serons pauvres et nous souffrirons la misère aussi longtemps qu'il le faut, comme une ville assiégée qui n'entend pas capituler, mais nous montrerons que nous sommes quelque chose”.

5
“Il m’arrive souvent d’être mélancolique, susceptible et intraitable ; de soupirer après de la sympathie comme si j’avais faim et soif ; de me montrer indifférent et méchant lorsqu’on me refuse cette sympathie, et même de verser parfois de l’huile sur le feu. Je n’aime pas beaucoup la compagnie des autres, il m’est souvent pénible ou insupportable de les fréquenter ou de bavarder avec des gens. Mais connais-tu l’origine de tout cela, du moins en grande partie ? Tout simplement ma nervosité ; je suis extrêmement sensible, autant au physique qu’au moral, et cela date de mes années noires. Demande donc au médecin – il comprendra tout de suite de quoi il s’agit – s’il pourrait en être autrement, si les nuits passées dans les rues froides, à la belle étoile, si la peur de ne pas avoir à manger un morceau de pain, si la tension incessante résultant du fait que je n’avais pas de situation, si tous mes ennuis avec les amis et la famille ne sont pas pour trois quarts à l’origine de certains traits de mon caractère, de mes sautes d’humeur et de mes périodes de dépression”.
6
“Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d'éternel qui était autrefois symbolisé par l'auréole et que nous cherchons à rendre par le rayonnement et les vibrations de nos couleurs."

7
“Hier j’ai peint quelques études où l’on voit la cathédrale. Et j’en ai également une petite du parc. Néanmoins, je préfère peindre les yeux des hommes que les cathédrales, car dans les yeux, il y a quelque chose qu’il n’y a pas dans les cathédrales, même si elles sont majestueuses et qu’elles en imposent, l’âme d’un homme, même si c’est un pauvre gueux ou une fille de rue, est plus intéressante à mes yeux”.

8
“La folie est salutaire pour cela, qu'on devient peut-être moins exclusif ”...

9
“N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir”.

10
“Il faut commencer par éprouver ce qu'on veut exprimer”

11
“Celui qui vit sincèrement et rencontre des peines véritables et des désillusions,qui ne se laisse point abattre par elles, vaut plus que celui qui a toujours le vent en poupe, et qui ne connaItrait qu'une prospérité relative”.

12
“Je crois de plus en plus qu'il ne faut pas juger le bon Dieu sur ce monde-ci, car c'est une étude de lui qui est mal venue.
Que veux-tu, dans les études ratées, quand on aime bien l'artiste - on ne trouve pas tant à critiquer - on se tait.
Mais on est en droit de demandre mieux”.

13
“Je dois te prévenir que tout le monde va trouver que je travaille trop vite.
N'en crois rien.
N'est-ce pas l'émotion; la sincérité du sentimentde la nature, qui nous mène, et si ces émotions sont quelquefois si fortes qu'on travaille sans sentir qu'on travaille, lorsque quelquefois les touchesviennent avec une suite et des rapports entre eux comme des mots dans un discours ou dans une lettre, il faut alors se souvenir que cela n'a pas toujours été ainsi et que dans l'avenir il y aura aussi bien des jours lourds sans inspiration”.

14
“Il faut une certaine dose d’inspiration, de rayon d’en haut, qui n’est pas à nous pour faire les belles choses”.

15
“Apprendre à souffrir sans se plaindre, apprendre à considérer la douleur sans répugnance, c'est justement un peu là qu'on risque le vertige”

16
“Je ne crois pas que ma folie serait celle de la persécution, puisque mes sentiments à l’état d’exaltation donnent plutôt dans les préoccupations d’éternité et de vie éternelle”.

17
“Somme toute, je veux arriver au point qu'on dise de mon oeuvre: cet homme sent profondément et cet homme sent délicatement. Malgré ma soi-disant grossièreté, comprends-tu, ou précisément à cause d'elle”.

18
“Je voudrais seulement qu’on trouvât à nous prouver quelque chose de tranquillisant et qui nous consolât de façon que nous cessions de nous sentir coupables ou malheureux, et que tels quels nous pourrions marcher sans nous égarer dans la solitude ou le néant, et sans avoir à chaque pas à craindre ou à calculer nerveusement le mal, que nous pourrions sans le vouloir occasionner aux autres. Ce drôle de Giotto, duquel sa biographie disait qu’il était toujours souffrant et toujours plein d’ardeur et d’idées, voilà, je voudrais pouvoir arriver à cette assurance-là qui rend heureux, gai et vivant en toute occasion”.

19
“Et le peintre en somme ne dit rien,il se tait, et je préfère encore cela”.

20
“L'idée de faire des portraits, je ne la lâche pas, car c'est une bonne chose que de tenter cela, de montrer aux gens qu'il y dans une personne autre chose que ce que le photographe est capable d'en tirer avec sa machine. Un portrait peint a une vie propre, issue des racines de l'âme du peintre, à quoi la machine ne peut atteindre”.

21
“Ce qui me passionne le plus, davantage que le reste dans mon métier, c'est le portrait, le portrait moderne”.

22
“J’ai un besoin terrible de – dirai-je le mot – de religion – alors je vais la nuit dehors pour peindre les étoiles, et je rêve toujours un tableau comme cela avec un groupe de figures vivantes des copains”...

23
“Et voilà lorsqu'on dira que cela est trop vite fait, tu pourras y répondre qu'eux ils ont trop vite vu”.

24
Cet autoportrait de Vincent van Gogh serait en fait un portrait de son frère Théo, il existe une longue étude sur le sujet faite par les experts du Musée Van Gogh d'Amsterdam.

25
“J'aime de plus en plus peindre des portraits”.

26
“Si on peignait lisse comme Bouguereau, les gens n'auraient pas honte de se laisser peindre, mais je crois que cela m'a fait perdre des modèles, on trouvait que c'était "mal fait", ce n'était que des tableaux pleins de peinture que je faisais”.

27
“Je ne suis pas indifférent, et dans la souffrance même quelquefois des pensées religieuses me consolent beaucoup”.

28
“Il faut une certaine dose d’inspiration, de rayon d’en haut, qui n’est pas à nous pour faire les belles choses”.

Vincent Théo

Vincent Van Gogh
(Il y aurait des doutes sur l’authenticité de ce cliché)
Vincent par BMC (De la série “Les Hommaginaires”)
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Paprika 10/01/2012
Marie Misselyn 16/02/2012
Marie Misselyn 02/04/2012
joelle boquet 03/06/2012