Partager l'article ! Antoni Tàpies est mort: Antoni Tàpies Crédits photo : Abaca/Camus Thibault/ABACA (Voici l ...
Antoni Tàpies
Crédits photo : Abaca/Camus Thibault/ABACA
(Voici l'article que je lui avait consacré sur ce blog)
"Même dans une casserole, on peut trouver Dieu".
Thérèse d'Avila
Son père était avocat, sa mère issue d'une famille d'éditeurs, d'où lui vient probablement son goût pour les beaux livres. Il est né le 13 décembre 1923 à Barcelone, ville dans laquelle il va faire des études de droit et de commerce.
1942,(+ 5 après Guernica). Ce n'est plus la guerre en Espagne, mais elle n'est pas bien loin. De quoi marquer l'esprit d'un jeune homme de 19 ans. C'est à ce moment-là qu'Antoni Tàpies qui a toujours eu une santé chancelante tombe malade, affection pulmonaire, et accident cardiaque. Il passera deux années en sana. C'est principalement là qu'il va découvrir la peinture et la musique. Il commence à s'intéresser également à la philosophie et à la calligraphie orientale.
En 1948 il fait la connaissance de Miro, et probablement sous son influence, les premières peintures qu'il réalise seront surréalistes.
Il n'y a pas grand-chose à dire de ces toiles, qui à première vue ne laissent paraître aucun talent particulier. Il faut toujours se méfier des premières œuvres en peinture, elles sont parfois trompeuses.(Ne jamais décourager un jeune peintre, merci pour lui).
Je ne sais pas si vous le savez, en Catalogne le très célèbre mystique Raymond Lulle (1232/1315), l'homme aux multiples visages, celui qui connaissait toutes les sciences est là-bas considéré comme un saint, (promis je vous en parlerai un jour, ça vaut le détour). Tàpies est particulièrement intéressé par les écrits du Docteur Illuminatis, il en possède plusieurs exemplaires datant du XV° et XVI°siècle, avec les enluminures d'époque.
Toujours en 1948, Tàpies est co-fondateur du mouvement "Dau al set" ce qui signifie en catalan:" La septième face du dé". Ce mouvement issu de l'esprit du Dadaïsme ne durera guère.
En 1950 première expo à Barcelone.
1953, expo aux U.S.A. Voyage à New YorK.
1962, rétrospective à la fondation Guggenheim à New York.
1966, séjour en prison pour avoir soutenu une réunion d'étudiants anti-franquistes.
1970, Tàpies fait plusieurs sculptures (superbes).
1990, inauguration de la fondation Tàpies à Barcelone.
2001, donation de l'artiste à la Bibliothèque Nationale de France.
Tàpies travaille principalement sur la matière. Il intègre à ses fonds, toutes sortes d'ingrédients; en voici quelques-uns : terre, sable, cendres, ficelles, colle, vernis. La liste serait bien trop longue pour tous les citer. Parfois c'est l'objet lui-même qui devient support : baignoire, armoire etc.
Sur ce champ de poussière (son champ de bataille), Tàpies va construire son œuvre… Maintenant que le fond est prêt, il va lacérer, griffer, inciser, laisser des empreintes d'outils, de mains, de pieds, taguer. Son œuvre tout entière consiste à détruire pour reconstruire.
Si vous regardez de près le travail de Tàpies, vous allez vite vous rendre compte qu'au-delà d'une apparente pauvreté à la fois des couleurs, neutres, et des matières brutes, son art est beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Cette peinture ne peut être issue que d'une profonde méditation. Et si aujourd'hui on parle trop de Zen, souvent à n'importe quel propos, et sans bien savoir ce que cela signifie, pour une fois on peut utiliser ce qualificatif qui est particulièrement bien adapté.
Tàpies qui a toujours attaché beaucoup d'importance à la gravure va développer de nouvelles techniques, entre autres pour donner du relief au papier, gaufrage, impression en creux, gravure au carborundum, collage. Si vous avez l'occasion de voir ses estampes autrement qu'en reproduction vous comprendrez très bien ce que je veux dire.
Et maintenant je laisse la parole à Antoni Tàpies :
"Quand les formes ne sont pas capables d'agresser la société qui les reçoit, de la déranger, de l'inciter à la réflexion, de lui dévoiler son propre retard, quand elles ne sont pas en rupture, il n'y a pas d'art authentique. Devant une véritable œuvre d'art, le spectateur doit ressentir la nécessité d'un examen de conscience, d'une révision de son domaine conceptuel. L'artiste doit lui faire toucher du doigt les limites de son univers, et lui ouvrir des perspectives nouvelles. Il s'agit là d'une entreprise véritablement humaniste. Lorsque le grand public se trouve en parfait accord avec certaines formes artistiques, c'est que ces formes, trop satisfaisantes, ont perdu toute virulence. Sans choc, il ne peut y avoir d'art. Si une forme esthétique n'est pas capable de dérouter le spectateur, et ne bouleverse pas sa façon de penser, ce n'est pas une forme artistique pour aujourd'hui. "
Et aussi :
"Nous devons êtres fidèles à nos impulsions profondes. Semble-il parfois que notre recherche n'est qu'extravagance et fantaisie ? Quelle importance ? Il faut faire confiance à l'instinct. Aujourd'hui les hommes se perdent dans une floraison d'artifices et de conventions. C'est grave. Nous devons lutter de toutes nos forces afin de retrouver l'homme dans toute sa pureté."
Textes extraits de :" La pratique de l'art". Auteur : Antoni Tàpies - Edition Folio
Quelques chers internautes, me demandent parfois: Où est-il possible de voir les tableaux dont il est question ?
En ce qui concerne Tàpies, c'est évidemment la fondation Tàpies de Barcelone qui s'impose.
Il a des œuvres dans pratiquement tous les grands musées d'art moderne du monde.
Lien images
Antoni Tapies sur images Google
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Salut ami,
J'aime beaucoup Tàpies. J'adhère totalement à sa peinture. Je me sens particulièrement proche de lui et de ce qu'il fait.
Pour moi sa peinture n'est absolument pas "dérangeante" comme il dit, bien au contraire. Il est vrai qu'il y a 50 ans elle pouvait peut être déranger certains, mais je crois qu'il y a des peintres bien plus dérangeants que lui. (...toi ?). À savoir qu'une peinture dérangeante ne me dérange pas plus que çà dans la mesure où elle m'apporte quelque chose. C'est le cas de ta peinture qui m'a beaucoup apporté comme tu le sais.
Il me semble que dans le domaine de l'art la démarche personnelle (sincère) est la base essentielle de tout ce qui s'ensuit. Si l'on veut faire quelque chose pour plaire (ou déplaire) aux autres c'est fichu. En d'autres termes, si l'on cherche a déranger, c'est fichu. Si l'on cherche à plaire c'est fichu aussi.
En cherchant à faire confiance à ce que Tàpies appelle "son instinct", (j'aurais plutôt tendance à dire; faire confiance à ce que l'on a au fond de nous) il se rapproche effectivement beaucoup de la démarche artistique issue du Zen.
Au risque de choquer certains artistes à l'égo un peu démesuré, je dirais que les œuvres issues d'une telle démarche sont considérées par celui qui les a faites comme moins importantes que sa propre démarche. Il me semble que penser ainsi est l'indice que nous sommes sur la bonne voie. Et celà ce vois, j'en suis certain, sur le fruit de notre travail.
Mais vous n'êtes pas obligé de me croire comme dit l'autre.
Je n'ai rien à répondre, tout est dit dans ton commentaire!!!!!