Partager l'article ! Henri Rousseau, dit le douanier Rousseau (1844/1910): Voyage au pays de l’Art naïf ...
Voyage au pays de l’Art naïf
Henri Rousseau dit le douanier Rousseau
Naissance à Laval le 21 mars 1844. Son père est ferblantier. Il a trois sœurs et un frère.
Maison natale de Henri Rousseau à Laval
A dix-neuf ans, il est exempté de service militaire. Il trouve un travail de “gratte-papier” chez un notaire. C’est là qu’il va commettre un larcin. Comme à cette époque-là, ça ne rigolait pas, pour échapper à la prison il va s’engager dans l’armée où comme on dit “il en prend pour sept ans”. Il sera affecté au 51ème régiment d’infanterie (où, bien des années plus tard, sera incorporé – contre son gré et avec quinze jours de retard – le peintre B.M.C.).
B.M.C. - Algérie Galerie Française
En 1868, son père décède. En tant que soutien de veuve, il obtient l’autorisation de quitter prématurément l’armée.
En 1869, il se marie avec Clémence Boitard. D’elle, il aura sept enfants dont un seul parviendra à l’âge adulte.
En 1871, il entre comme commis de deuxième classe à l’octroi de Paris, ce qui lui vaudra son surnom de “douanier”; il est affecté à la porte de Charenton.
Agé de vingt-sept ans, il commence tout juste à peindre. Il obtient une carte de “copiste” du musée du Louvre.
Henri Rousseau - Moi-même portrait paysage
C’est en copiant les grands maîtres qu’il va commencer sa carrière de peintre (je serais curieux de voir ses copies !).
Il présente ses premières œuvres au Salon officiel où, bien entendu, ses toiles sont systématiquement refusées. Pour pallier cet inconvénient, il exposera régulièrement au Salon des Indépendants où, comme chacun sait, il n’y a pas de jury et où, par voie de conséquence tout le monde peut exposer. Plus tard, il exposera également au Salon d’Automne.
Henri Rousseau - Nègre attaqué par un jaguar
1888, mort de Clémence.
1889, notre dounier écrit une pièce de théâtre intitulée “Une visite à l’exposition universelle”.
En 1893, Rousseau va quitter l’octroi et espère vivre de sa retraite (il a quarante-neuf ans). Afin d’arrondir ses fins de mois, il donne des cours de musique, de violon, et de clarinette. Pendant quelque temps il va héberger Alfred Jarry (et sa bicyclette).
Suite à ses expos aux Indépendants, il est remarqué en particulier par les autres peintres. D’abord Félix Valotton qui écrira “Henri Rousseau est l’alpha et l’omega de la peinture”.
En 1898, il épouse en secondes noces Joséphine Noury. La même année, il écrit une deuxième pièce de théâtre “La vengeance d’une orpheline russe”.
Henri Rousseau - La muse inspirant le poëte
(Marie Laurencin & Guillaume Apollinaire)
En 1903, il rencontre Guillaume Apollinaire qui devient l’un de ses fervents admirateurs. Toujours en 1903, décès de Joséphine.
Sa situation financière est des plus précaires.. A partir de 1908, Rousseau organise chez lui des soirées musicales avec la participation de ses élèves. Il reçoit des peintres, des poètes, des journalistes. De plus en plus d’artistes s'intéressent à son travail.
Robert et Sonya Delaunay, Wassili Kandinsky, André Derain et bien d’autres encore.
En 1908, Picasso, avec la complicité d’Apollinaire, organise dans son atelier du bateau-lavoir un banquet en l’honneur du dounier Rousseau. Ce dernier joue du violon, chante et c’est à cette occasion qu’il va prononcer cette phrase devenue célèbre – s’adressant à Picasso “Finalement, nous sommes les deux grands peintres de l’époque, toi dans le genre égyptien et moi dans le genre moderne”.
Henri Rousseau par lui-même
(Ancienne collection Pablo Picasso)
A compter de 1908, le douanier va vendre quelques tableaux. Courteline lui achètera deux toiles pour son Musée des Horreurs.
Rousseau est maintenant âgé de soixante-cinq ans, mais toujours aussi naïf, il va se laisser entraîner dans une sombre affaire par un de ses anciens élèves, un nommé Sauvaget. Ce serait trop long à expliquer en détails. Sachez simplement que l’homme en question va “utiliser” Rousseau pour se procurer de faux chèques.
Le 9 janvier 1909, Henri Rousseau, dit le “dounier Rousseau” comparaît devant la Cour d’Assises (c’est vrai que ça ne rigolait pas à l’époque !) pour émission de chèques sans provisions, faux et usage de faux.
Voici comment les journaux de l’époque relatent les faits :
- Le président : “reconnaissez-vous les faits qui vous sont imputés ?
- Euh… Mon juge..
- Appelez-moi Monsieur le Président…
- Eh ben mon Président… j’ai seulement voulu rendre service. Et maintenant, j’ai mon tableau pour le Salon à faire. Un tableau de deux mètres carré, mon Président, et qui ira bien chercher dans les deux mois de travail”.
[ …] “Je suis un homme d’honneur qui n’a jamais pensé qu’à la grandeur de la France, dont je suis l’un des fils les plus illustres. Tout le monde vous le dira..”
On présenta au tribunal des peintures de notre douanier bien-aimé, représentant des singes dans la jungle, ce qui déclencha l’hilarité générale.
Henri Rousseau - Joyeux farceurs
La Cour considéra qu’il avait été plus imprudent que criminel et compte tenu de ses antécédents militaires, il bénéficia de la loi Béranger. Lorsqu’il apprit qu’il obtenait ce sursis, il sauta de joie et dit au Président “Mon Président, je vous remercie et si vous voulez je ferai le portrait de votre dame” (sic).
Notre douanier, âgé maintenant de soixante-cinq ans, s’était amouraché l’année précédente d’une “jeune fille de cinquante-quatre ans”. Plein d’illusions, notre illustre artiste mit ses gants beurre-frais et alla chez les parents pour demander sa main. Il fut reçu comme un chien dans un jeu de quilles. Il lui fut répondu qu’il n’était pas question de marier leur fille avec un individu qui avait été jugé en Cour d’Assises et qui, de plus, était un peintre ridicule.
Henri Rousseau - Les joueurs de foot-ball
Comme il n’était pas du genre à se laisser éconduire de cette façon, il fit le tour de ses amis afin d’obtenir des certificats d’honnêteté. Le célèbre marchand Ambroise Vollard, qui commençait à s’intéresser sérieusement à son travail, lui fit un certificat sur papier timbré. Rien n’y fit, bien que l’ex-douanier dépensât toutes ses économies pour acheter près de 5.000 francs de bijoux à la demoiselle.
Rousseau meurt de la gangrène le 2 septembre 1910.
La “demoiselle” n’assistera pas à son enterrement. Seulement sept personnes y seront présentes, dont Paul Signac, qui est à ce moment-là président du Salon des Indépendants.
Henri Rousseau - Portrait de Pierre Loti
De la peinture du douanier Rousseau :
Dans sa peinture il n’y a aucune notion de la perspective. Il peint généralement en deux dimensions, par à-plats. Chaque chose est vue sous un angle déterminé et indépendamment de l’ensemble. Pour peindre ses scènes de jungle, il va voir les animaux au Jardin des plantes, au Jardin d’acclimatation. Il s’inspire de cartes postales ou de l’album des bêtes sauvages, qu’il a acheté aux Galeries Lafayette. On dit que lorsqu’il peignait des scènes de jungle, il était pris de panique et était obligé d’ouvrir la fenêtre pour reprendre son souffle..
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Voici l’épitaphe que Guillaume Apollinaire lui dédia :
Nous te saluons
Gentil Rousseau tu nous entends
Delaunay sa femme, monsieur Queval et moi
Laisse passer nos bagages en franchise à la porte du ciel
Nous t’apporterons des pinceaux des couleurs et des toiles
Afin que tes loisirs sacrés dans la lumière réelle
Tu les consacres à peindre comme tu tiras mon portrait
La face des étoiles.”
Henri Rousseau a peint 145 toiles :
72 sont aux Etat-Unis
27 en France
17 en Suisse
10 au Japon
les autres sont dispersées dans différents pays.
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Si vous le désirez, je suis prêt à retirer l’image en question.
Vous pouvez me contacter par mail, si vous le désirez.
entrezlibres@free.fr
Lui, Ingres, Magritte et dans une moindre mesure Dali font vraiment partie de mon panthéon personnel.
Tes goûts sont très éclectiques, aller du Douanier Rousseau à Ingres en passant par Magritte, c'est de la haute voltige! Personnellement je n'aime pas beaucoup Dali, mais c'est plus le personnage que sa peinture qui me déplait.
Comme c'est beau de nous rappeler toutes cette histoire,sue ces grands homes
bisous
Comme j'aime bien raconter des histoires,
Que c'est les vacances
Et que j'ai pas envie de me fouler la rate
Je vais continuer mes voyages chez les allumés de l'art brut, et aussi chez les naïfs...
Merci pour ton super-com.
Je te souhaite une tres bonne journée.
Bise.