Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 09:34
- Par BMC

 

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“Nous avons accordé le diplôme à un fou ou a un génie. Le temps nous le dira”

           

           Elies Rogent, Directeur de l'École d'Architecture de Barcelone

 


 

10 juin 1926, Barcelone : Un homme apparemment sans importance vêtu de haillons est renversé par un tramway. Comme il s’agit probablement d’un mendiant, personne ne paraît lui porter un quelconque intérêt ; le curieux personnage est amené à l’hôpital, trop tard, beaucoup trop tard pour qu’on puisse le sauver. Antoni Gaudi décédera des suites de l’accident, quelques jours plus tard. “Sa ville reconnaissante” l’enterrera dans la crypte de la Sagrada Familia. 

 

 

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Toute sa vie Gaudi a été un original, célibataire endurci ; vers la fin, il se tournera de plus en plus vers le mysticisme :"L'homme sans religion est un handicapé spirituel, un homme mutilé" dira-t-il.

 

En 1998 une requête menée par le cardinal Ricard Maria Carles demandait la béatification du célèbre architecte, le Vatican ayant donné son accord, un tribunal d’enquête fut formé en l’an 2000.

 

Jean-Paul II, qui souhaitait qu’il y ait davantage de laïc parmis les saints, ne pouvait que soutenir cette proposition (si ça continue je vais bientôt pouvoir concourir ! Après Fra Angelico ça ne sera pas simple !). Saint Gaudi patron des architectes, ça ne sonne pas si mal (saint BMC*, là ya un truc qui ne passe pas, tant pis pour l’auréole !) À ce jour, l’affaire est toujours à l’étude au Vatican et semble-t-il en bonne voie de réalisation (concernant Gaudi !). 

 

* BMC = Bordel Militaire de Campagne

 

 

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L’église aurait-elle besoin des artistes ? Certes, la peinture religieuse n’a guère plus cours de nos jours, en quoi cela profiterait-il à Rome de récupérer l’illustre architecte ?

 

Voici ce qu’écrivait Jean-Paul II dans sa lettre aux artistes en 1999 :

 

“En effet, même au-delà de ses expressions les plus typiquement religieuses, l'art, quand il est authentique, a une profonde affinité avec le monde de la foi, à tel point que, même lorsque la culture s'éloigne considérablement de l'Église, il continue à constituer une sorte de pont jeté vers l'expérience religieuse. Parce qu'il est recherche de la beauté, fruit d'une imagination qui va au-delà du quotidien, l'art est, par nature, une sorte d'appel au Mystère. Même lorsqu'il scrute les plus obscures profondeurs de l'âme ou les plus bouleversants aspects du mal, l'artiste se fait en quelque sorte la voix de l'attente universelle d'une rédemption”.


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Lors de son passage en Espagne, Benoît XVI a consacré la Sagrada Familia. Bizarre de consacrer une église inachevée… Voici ce qu’il dira à propos de Gaudi : “il réalisa ce qui est aujourd’hui une des tâches les plus importantes : dépasser la scission entre conscience humaine et conscience chrétienne, entre existence dans ce monde temporel et ouverture à la vie éternelle, entre la beauté des choses et Dieu qui est la Beauté”.

 

Il n’y a plus de contestation possible l’église veut récupérer Gaudi...

 

Après cela, nul doute que nous  ayons bientôt un nouveau saint.

 

Mais pour être reconnu saint il faut réaliser au moins un ou deux miracles…

 

En 1902 un peintre Joan Llimona, chargé de décorer le transept de l’église dédié à Saint-Philippe Neri  à Barcelone, prit pour modèle Antoni Gaudi ; s’agit-il d’un hasard ou d’une prémonition ? C’est à cette église que se rendait Gaudi lorsqu’il fit une bien malheureuse rencontre avec un tramway.

 

QUI ETAIT GAUDI ?


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Antoni Plàcid  Guillem Gaudi i Cornet était le benjamin d’une famille de cinq enfants. Né le 25 juin 1852 en Catalogne, probablement à Reus, certains prétendent qu’il s’agirait plutôt de Riudoms (Reus et Riudoms sont deux communes limitrophes).Son père était un industriel chaudronnier. Les ancêtres de Gaudi sont probablement issus de France, peut-être d’Auvergne, le nom d’origine serait Gaudy ou Gaudin. Quoi qu’il en soit Gaudi se disait avant tout Catalan ; toute sa vie, il sera très attaché à sa terre natale. C’est souvent en catalan qu’il s’exprimera, même en public, ce qui était strictement interdit à l’époque. Il eut quelques altercations à ce sujet  avec la police aux jeux floraux de 1920, et aussi  lors d’une manifestation contre l’interdiction de l’usage du catalan, en 1924, il fut même arrêté par les gardes civils et passa quelque temps au cachot.

 

C’est en 1868 qu’il s’installe à Barcelone, il y fera ses études secondaires au Couvent du Carmel.

Dès cette époque Gaudi manifeste déjà des idées quelques peu farfelues, il se dit “socialiste utopique” et avec deux de ses camarades réalise un projet de restauration du monastère de Poblet pour le transformer en un “phalanstère utopico-social”.

 

La santé de Gaudi n’a jamais été fort brillante. Comme il ne fait rien comme tout le monde, depuis sa plus tendre enfance, il souffre de rhumatismes. Durant son service militaire de 1875 à 1878, s’il y fit acte de présence, il y passa certainement plus de temps exempté de service pour raison de santé, ce qui lui permit de consacrer tout son loisir à ses chères études.

 

Sans doute, grâce ou à cause de sa maladie, Gaudi devint très tôt végétarien et adepte des méthodes du  célèbre docteur Kneipp, vous connaissez peut-être, celui qui soignait presque tout avec des douches glacées et qui avait installé son lit sur le balcon parce que c’était plus sain de dormir dehors… j’oubliais de vous dire qu’il habitait dans les montagnes en Allemagne, mais tout ça est une autre histoire, revenons à notre cher Gaudi.

 

Donc, Gaudi, végétarien et adepte des méthodes  hygiénistes du docteur (et abbé) Kneipp va se livrer à de nombreuses périodes de jeûne. Plusieurs fois il tombera gravement malade et ira jusqu’à mettre sa vie en danger.

 

Après l’armée, Gaudi suit des cours d’architecture à la fois à l’école de la Llotja à Barcelone et aussi ceux de l’Ecole Technique Supérieure d’Architecture. Pour payer ses études Gaudi travaillera quelques temps comme dessinateur. En 1878 il quitte l’école, diplôme d’architecte en poche.


 

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La Casa Vicens

 

La première réalisation importante de Gaudi fut la Casa Vicens (inscrite au patrimoine de l’humanité). Avouez que, pour un début, c’était assez réussi.

La grande chance de Gaudi fut d’exposer pour l’Exposition Universelle de Paris en 1878, une vitrine pour un magasin de ganterie. Cette œuvre profondément moderniste attira par son originalité l’attention d’un certain Eusebi Güell. Ce fut le début d’une longue amitié, l’homme en question allait devenir son principal mécène et lui permettre la réalisation de quelques-unes de ses œuvres majeures.

 

Petit à petit, les choses vont de mieux en mieux pour Gaudi, les commandes se suivent et bien qu’il soit un travailleur infatigable,  il est maintenant obligé de constituer une équipe et travaille sur plusieurs projets en même temps. La renommée de l’architecte gagne toute l’Espagne.

Gaudi se rend à Tanger pour y construire la Mission Catholique Franciscaine, le projet ne sera jamais réalisé, mais les tours prévues serviront de modèle pour la Sagrada Familia.

 

Si dans sa jeunesse Gaudi avait des idées “utopico-sociales”, on pourrait presque dire communiste ou même d’une certaine façon anarchiste, maintenant l’âge aidant il devient de plus en plus mystique et par voie de conséquence de plus en plus conservateur. Son côté humaniste laisse la place à la charité chrétienne. Il milite pour plusieurs associations, entre autres le Cercle artistique de Saint Luc, la Ligue Spirituelle de la Mère de Dieu de Montserrat, le groupe catalaniste. Gaudi se bat pour que le peuple catalan retrouve son identité.

 

En 1900 Gaudi reçoit le prix attribué par la ville de Barcelone pour le meilleur immeuble, il s’agit de la casa Calvet.

 

Quelques immeubles selon Gaudi:

 

 

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L’Ecole de Santa Teresa

 

 

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En 1909 le climat anticlérical oblige Gaudi à rester enfermé dans sa maison, il craint que des manifestants ne s’en prennent à ses monuments religieux ; fort heureusement, ce ne sera pas le cas.

 

Les cheminées selon Gaudi – Imaginez s’il avait dessiné les 365 cheminées du château de Chambord !

 

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En 1910 eut lieu à Paris, au Grand Palais, une exposition. À la demande de son ami, le comte Güell, Gaudi y participa, ce fut un franc succès pour l’architecte qui commençait maintenant à être connu en France.

 

Le  palais épiscopal de astorga


 

 palais épiscopal de astorga

 

 

 

 palais épiscopal de astorga

 

 

Nous sommes en 1915. À ce moment-là, un chantier était en cours à Barcelone, il s’agissait d’un Temple expiatoire dédié à la Sainte Famille, la Sagrada Familia. Le chantier à peine commencé fut abandonné. Gaudi accepta de le reprendre à condition de modifier complètement le plan  initial. À partir de maintenant il va  y consacrer presque totalement les onze années qui lui restent à vivre.

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LA SAGRADA FAMILIA, LA CATHEDRALE DES PAUVRES.

 

La Sagrada Familia (le Temple expiatoire de la Sainte Famille) comme six autres œuvres de Gaudi a été portée par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

 

 

 

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Gaudi (l'homme à la barbe blanche) présente la Sagra Familia au nonce apostolique.

 

 

Si au début ses premiers monuments sont marqués par une influence néo-gothique très probablement initiée par Viollet-le-Duc, très vite Gaudi va s’affranchir de toutes influences, il va créer ce que l’on appellera le modernisme catalan. Il cherche son inspiration dans la nature, particulièrement le monde minéral ( Gaudi pratiquait tous les jours une marche d’environ dix kilomètres durant laquelle il contemplait la nature et trouvait son inspiration dans l’observation des plantes) .

 


 

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Gaudi est un touche-à-tout, il maîtrise parfaitement l’art de la céramique, il ne laisse à personne le soin de dessiner la moindre grille en fer forgé, le moindre vitrail, il dessine même les lampadaires.

 

 

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Miroir pour la Casa Milá, 1906-1910
Glace biseautée sur âme de bois
Paris, musée d’Orsay


 

Du point de vue technique c’est un novateur, aucune technologie, fut-elle des plus récentes ne lui est étrangère.

 

Il faut attendre 1906 pour que Gaudi s’installe dans un domicile fixe, il a 54 ans. Jusque-là il habitait dans différentes pensions, maintenant il aménage dans une maison dont il est propriétaire dans le Parc Güell. Gaudi va y vivre avec son père et sa nièce Rosa. À la fin de sa vie, il s’installera dans l’atelier de la Sagrada Familia où il demeurera jusqu’à sa mort.

 

Le Parc Güell

 

 

 

 

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Les bancs


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Suite à une maladie, Gaudi avait échappé de justesse à la mort ; voici ce qu’il dira : “Mes grands amis sont morts. Je n'ai pas de famille, ni de client, ni de fortune, ni rien. Donc, je peux me livrer entièrement au Temple”. Devenu de plus en plus mystique, il se consacre totalement à la “Cathédrale des Pauvres” (c’est ainsi qu’il appelle la Sagrada Familia) et à de nombreuses  occupations religieuses.

 

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En 1915 une crise économique entraîne provisoirement l’arrêt du chantier de la Sagrada Familia. Gaudi a beaucoup de mal à trouver de l’argent pour continuer la construction.

 

Si dans sa jeunesse Gaudi passait parfois pour un dandy, la vieillesse donnait maintenant le change. Vêtu de vêtements râpés, négligé, il ressemblait plus au pauvre à l’entrée de son église qu’à l’architecte de génie qu’il était. Lors de son accident, il n’avait aucun papier sur lui, sur le moment personne ne l’a reconnu.


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Il faudra attendre les années cinquante pour que l’on commence à être concerné par l’œuvre de Gaudi. Un des premiers à s’y intéresser fut, comme on pouvait s’y attendre : Salvador Dali, mais aussi Friedensreich Hundertwasser, Le Corbusier. C’est surtout l’exposition du MOMA en 1957 qui confirmera sa consécration.


 

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Carré magique – La constante est 33

 

 

Gaudi n’a pratiquement pas laissé d’écrits en dehors de quelques documents techniques. Durant la guerre d’Espagne, l’atelier de Gaudi à la Sagrada Familia fut en partie détruit, des plans et des maquettes disparurent…

 

 À la mort de Gaudi, la Sagrada Familia est inachevée, aujourd’hui des travaux ont repris, faut-il continuer l’œuvre, sur quoi se fonde-t-on pour se le permettre ? La question reste posée et suscite bien des polémiques.

Les travaux continuent  sur des bases hypothétiques, seulement quelques rares plans et photos de maquettes, d’autant que Gaudi modifiait sans cesse son travail au cours de la construction. Que reste-t-il de l’esprit de Gaudi dans un aréopage d’architectes du vingt et unième siècle ? Imaginez, si demain on décidait que Guernica n’est pas terminé et qu’un quelconque barbouilleur retouche le tableau, à sa façon… Qui ose se substituer à la pensée du maître ?

 

La Sagrada Familia reçoit deux millions de touristes par an, cela explique sans doute bien des choses.

 

Un groupement d’artistes et d’intellectuels milite en faveur de l’arrêt des travaux. On est en train de trahir l’esprit de Gaudi pour satisfaire le tourisme. N’est-on pas en train de construire un superbe décor : C’est Disneyland en Catalogne !

 

 

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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 05:32
- Par BMC

 

VIVE LE ROI

 

 

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Fillon réinvestit Sarko


 


 

 

 


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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 13:53
- Par BMC

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  Joan Miro i Ferrà est né à Barcelone le 20 avril 1893

Joan Miro est mort à Palma de Majorque le jour de noël, le 25 décembre 1983 à l’âge de 90 ans.

 

 

“Ce qui compte, ce n'est pas une oeuvre, c'est la trajectoire de l'esprit durant la totalité de la vie.”

                                                                                                            Joan Miro.

 

 

À l’âge de huit ans, le petit Joan découvre la peinture et “exécute” ses premières œuvres.

 

À Barcelone se trouve une galerie d’Art Moderne, la Galerie Dalmau (le terme “art Contemporain” n’avait pas encore été inventé), son nom mérite d’être cité car, à cette époque, les galeries qui s’intéressaient à la peinture moderne ne couraient pas les rues. Les marchands d’art non plus (le terme galeriste n’existait pas davantage). C’est là que Miro va découvrir les fauves, les cubistes et toutes les nouvelles écoles de peinture qui sévissent à ce moment-là, particulièrement en France.

 

Son père joaillier espère faire de son fils un commerçant, aussi, contre son gré, il va commencer des études de commerce, c’est Mozart qu’on assassine dirait St. Ex. Mais la détermination du jeune  Joan  a raison de la décision paternelle. Joan s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts de la Lonja  à Barcelone.

 

Malgré les réticences de son père, Miro décide qu’il sera peintre. De 1911 jusqu’à 1915 Miro va fréquenter plusieurs écoles d’art de Barcelone, ce qui va lui permettre de découvrir différentes techniques et surtout de s’initier à l’Art Moderne.

 

À ses débuts, Miro “se cherche”, ses peintures sont tour à tour impressionnistes, fauves, expressionnistes, parfois même naïves, on sent encore les influences de Van Gogh ou de Cézanne. Tout ça est bien normal compte tenu de la jeunesse du peintre.

 

En 1915 Miro déménage dans un atelier qu’il partage avec un dénommé Ricart. Cette année-là il rencontrera Picabia. C’est aussi de cette époque que date son amitié avec Artigas.

 

Début 1920 Miro s’installe à Paris, qui comme chacun le sait est à ce moment-là la capitale des arts. Il réside provisoirement dans un hôtel 45 rue Blomet. C’est à ce moment qu’il  fera la connaissance de nombreux peintres et écrivains : André Masson, Antonin Artaud, Michel Leiris, Armand Salacrou. Non loin de là, rue du Château réside Marcel Duhamel qui abrite chez lui Yves Tanguy et Jacques Prévert. C’est chez Marcel Duhamel que vont se tenir les premières réunions des Surréalistes, d’où l’adhésion de Miro au groupe surréaliste, avec lequel il n’avait, à mon avis, pas grand-chose à voir, si ce n’est son côté “littéraire et onirique”.

Voici, ce que plus tard il écrira :“La rue Blomet, c'est un lieu, un moment décisif pour moi. J'y ai découvert tout ce que je suis, tout ce que je deviendrai. C'était le trait d'union entre le Montmartre des surréalistes et “les attardés”  de la rive gauche”  (sic)…

 

Miro est très attiré par la poésie, comme on a pu le voir plus haut il fréquente autant les poètes que les peintres.

Miro retourne en Espagne durant les périodes estivales, c’est là qu’il rencontrera Picasso, les deux hommes sont très différents et ne seront jamais très proches, malgré leur origine commune. C’est à ce moment-là que Miro va découvrir Dada, il se lie d’amitié avec, encore une fois des poètes, des écrivains : Max Jacob, Tristan Tzara et aussi Reverdy.

 

Sa peinture va avec le temps devenir de plus en plus poétique. Ses tableaux vont petit à petit se transformer en sorte d’idéogrammes, pour celui qui sait déchiffrer l’œuvre chaque forme est assimilable  à un caractère, au spectateur d’inventer sa poésie. Il y a aussi chez Miro le caractère enfantin et ludique, en cela il se démarque de ses contemporains.

 

1921/22 va être une année importante, Miro peint un tableau intitulé “La Ferme”. Déjà se manifeste dans cette œuvre sa volonté de s’éloigner des méthodes traditionnelles de la peinture. (Voir lien image en fin d’article).

 

“La Ferme” a une petite histoire : Pour des raisons économiques que l’on peut comprendre, Miro décide de vendre ce tableau. Léonce Rosenberg qui est à ce moment-là le marchand de Picasso accepte de le prendre en dépôt. Comme le tableau ne semble pas intéresser grand monde, Léonce Rosenberg propose à Miro de découper son tableau en plusieurs morceaux pour le vendre plus facilement. Inutile de vous faire un dessin, Miro furieux reprend sa toile. Il la vendra plus tard par l’intermédiaire de la galerie Pierre à Ernest Hemingway qui la négociera pour 5000 Frs. de l’époque.

 

1924 est une année importante pour Miro, il fréquente le groupe surréaliste auquel il adhère. Ses amitiés vont toujours aux poètes, particulièrement : André Breton, Philippe Soupault et Paul Eluard.

 

André Breton affirmera que “Miro est le plus surréaliste d’entre nous” ; permettez-moi de ne pas être tout à fait d’accord avec le Pape du surréalisme, avec le recul, on se rend bien compte que Miro se dirigeait vers une peinture “semi-abstraite” qui n’avait vraiment rien à voir avec le surréalisme (voir les dernières toiles de Miro). Dans l’œuvre de Miro il y a un côté onirique, l’inconscient est plus que présent, il y a un côté littéraire et bien sûr ludique. Tout ça ne pouvait que séduire les surréalistes, mais n’en fait pas pour autant un peintre surréaliste.

 

Au mois de juin 1925 a lieu une exposition à la Galerie Pierre (Loeb). Miro présente 16 peintures et 15 dessins.

Tous les membres du groupe surréaliste sont présents, le catalogue est préfacé par Benjamin Perret. En dehors des œuvres de Miro, font également partie de l’expo quelques peintures de Klee, peintures qui impressionnent Joan Miro (on peut comprendre). Miro vend plusieurs toiles et dessins. La critique semble enfin découvrir son travail.

 

En 1926, Serge de Diaghilev demande à Miro et à Max Ernst de créer les décors et les costumes de son spectacle Roméo et Juliette. Grand branle-bas parmi le groupe surréaliste qui accuse Miro et Ernst d’être des traîtres au service du bourgeois Diaghilev. Ils auraient paraît-il trahi l’esprit du surréalisme et des communistes. André Breton et Louis Aragon signent  un manifeste, l’affaire s’arrêtera là.

 

À compter de maintenant Miro est exposé en permanence à la Galerie Surréaliste.

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Affiche pour l’inauguration en 1926 de la Galerie Surréaliste.

 

 En 1927 Miro voyage en Belgique et en hollande. Très marqué par Vermeer, il peindra à son retour la toile connue sous le nom  de “Intérieur hollandais”.

 

En 1929 Miro épouse Pilar Juncosa, la cérémonie a lieu à Palma de Majorque où plus tard résidera le peintre. En 1930 le couple donne naissance à une fille.

 

Miro va maintenant s’éloigner de plus en plus du groupe surréaliste, il ne participe pratiquement plus aux réunions. André Breton politise le débat, il a maintenant sa carte du parti (communiste) et souhaite que tous les surréalistes clarifient leurs positions à ce sujet.Ç’en est trop pour Miro qui quitte le groupe des Surréalistes.

 

Miro va réaliser la célèbre affiche “Aidez l’Espagne” (voir lien en fin d’article).

L’Exposition Internationale de 1937 va présenter dans le pavillon espagnol, bien entendu, le Guernica dePicasso mais aussi, ce qu’on a un peu tendance à oublier, une toile monumentale de Miro et “La Source de Mercure” du sculpteur Julio Gonzalez.

 

1939 : Rencontre avec Braque, Calder et Raymond Queneau.

 

Dès le début de l’occupation allemande, Miro quitte la France pour l’Espagne, il résidera d’abord à Mont-Roig puis à Barcelone et enfin à Palma de Majorque.

 

En 1941 le Musée d’Art Moderne de New York lui consacre une rétrospective.

 

Durant quatre ans, Miro ne produit plus rien, il vit dans une sorte de solitude, allant fréquemment à l’église pour y écouter de la musique. Il faut dire que contrairement à ce que l’on pourrait penser en regardant sa peinture, Miro a un caractère  très pessimiste et une tendance à la déprime, le climat de l’époque ne devait rien arranger.

 

En 1943 la Galerie Joan Prats de Barcelone lui demande de réaliser une série de gravures, la gravure sera pour Miro une véritable découverte. Sa première série intitulée Barcelona comportera 50 gravures en noir et blanc.

 

Miro devient Miro.

 

Il recommence à peindre. Son travail gagne en liberté, en spontanéité, comme si la libération de la France l’avait en même temps libéré. Il est maintenant mondialement connu et reconnu.

 

Miro va maintenant s’intéresser à différentes techniques, comme on l’a vu plus haut à la gravure, mais aussi la sculpture, il intègre des objets du quotidien à ses sculptures, ses modèles sont agrandis, coulés dans le bronze, parfois peints de couleurs vives. Avec Artigas, il découvre la céramique. Tel Picasso, Miro devient un génial touche-à-tout.

 

En 1947 Miro se rend à New York, il y restera huit mois, c’est là qu’il va découvrir toutes les techniques de la gravure et travaillera quelque temps dans l’atelier de celui qui était reconnu comme le plus grand spécialiste dans ce domaine, le britannique Stanley Hayter.

Au Etats Unis Miro exécute plusieurs peintures murales.

 

À partir de 1947 la Galerie Maeght va le prendre sous son aile et jusqu’à sa mort lui consacrera de nombreuses expositions. En 1954 Miro reçoit le prix de gravure de la Biennale de Venise.

 

En 1956 Miro déménage à Palma de Majorque où il se fait construire un très grand atelier, il y résidera jusqu’au bout. La même année, il reçoit une commande pour deux murs, pour le palais de l’UNESCO.

 

 En 1966 Miro réalise avec la collaboration de son vieil ami Artigas “La Vénus de la Mer”, sculpture monumentale qui sera immergée dans une grotte sous-marine à Juan-les-Pins, et visible des seuls plongeurs.

 

Maintenant Miro va consacrer beaucoup de temps à la céramique. Ses peintures deviennent de plus en plus minimalistes, quelques rares signes se détachent sur un fond presque uni. Les coulures sont de plus en plus utilisées. Miro expose régulièrement au Salon de Mai en compagnie de Picasso, Chagall et tant d’autres grands noms de l’époque. Nous sommes maintenant très loin du Miro de l’époque surréaliste, le côté informel semble particulièrement bien adapté à son travail.

 

Le 10 juin 1975 est inaugurée à Barcelone la Fondation Miro, il y a environ 5000 pièces (don de l’artiste) exposées.

 


 

LIENS

 

 

Joan Miro - La Ferme

 

Aidez l'Espagne

 

Images Miro Google

 

 


 

 

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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 08:27
- Par BMC

 

 

Photo richard kriegel,

 

Photo Richard Kriegel

  (Manifestation du 2 octobre 2010 à Chartres)

 

 

Le photographe Richard Kriegel fait partie de ces artistes sans doute trop modestes pour être connus du grand public, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de lui consacrer cet article. Richard qui, comme il est coutume de le dire, est un ami de plus de trente ans est un excellent photographe. J’ai connu ses débuts dans ce domaine, j’ai vu la formidable évolution (et ce n’est certainement pas fini) de son travail. Moi qui aurais aimé faire de la photo, j’ai renoncé du jour où j’ai vu que  Richard faisait exactement les photos dont je rêvais. Après tout chacun son métier !

 

Regardez ces quelques images, et pour en savoir davantage allez sur son blog (lien en fin d’article), vous y verrez plus de 2000 photos parmi lesquelles il m’a été bien difficile de faire un choix, vous pourrez aussi y mettre des commentaires, bonne visite.

 

Maintenant ouvrez grand vos petits yeux !

 

 

 

Photo richard kriegel

 

Photo Richard Kriegel

 

 

Photo richard kriegel

 

Photo Richard Kriegel

 

 

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Photo Richard Kriegel

 

 

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